Interpellé par les députés togolais dans le démêlé judiciaire que l’homme d’affaires français, Vincent Bolloré a dans son pays, le gouvernement togolais a envoyé jeudi à l’Assemblée nationale Ninsao Gnofam, le ministre des Infrastructures et des transports.
Comme à son habitude, M. Gnofam a encore frappé fort. Parlant de la concession de 35 ans faite au Groupe Bolloré, le ministre Gnofam a préféré ironiser. Pour lui, le secteur concerné n’est pas comparable à la ‘vente de cacahouètes’ au bord de la route dans laquelle le vendeur peut faire un retour sur investissement à la fin de la journée. Il s’agit d’investissements pour lesquels aucun opérateur ne peut accepter une concession de 10 ans, a-t-il souligné.
Pour lui, cette affaire est une affaire franco-française, le Togo n’est pas concerné et le gouvernement ne se reproche rien.
« Nous nous demandons de quoi nous parlons. Il s’agit de corruption d’agents publics étrangers par un opérateur, Vincent Bolloré. On n’a pas dit que le Togo a corrompu pour lui donner la construction du port. Ce n’est pas parce qu’il s’agit des ports de Lomé et de Conakry qu’on doit se culpabiliser », a-t-il déclaré.
Pour l’heure, a-t-il poursuivi, les autorités judiciaires françaises n’ont pas encore demandé la collaboration du Togo dans le cadre de cette affaire. « Rien ne nous inquiète dans cette affaire. Si les autorités judiciaires françaises, dans le cadre de la coopération judiciaire internationale, demandent aux autorités judiciaires togolaises de coopérer, nous allons coopérer », a-t-il ajouté.
Le ministre a profité de l’occasion pour donner des informations sur la concession d’un terminal à containers au Port autonome de Lomé au Groupe Bolloré. Selon lui, entre 2001 et 2003 où les concessions ont été faites, il n’y avait pas de texte réglementant l’attribution des marchés publics et les règles qui étaient en place, l’Etat togolais les avait appliquées.
Faut-il encore rappeler au ministre qu’une révision de concession a été faite en mai 2010 et qu’en cette année, le Togo dispose déjà d’une loi (loi n° 2009-013 du 30 juin 2009) relative aux marchés publics et délégations de service public ?
Pour plus 370 milliards de chiffre d’affaires cumulé, Togo Terminal, la filiale du Groupe Bolloré a versé plus de 14 milliards à l’Etat au titre des impôts et 84 milliards au port au titre des redevances, selon les informations données par le ministre.
Pour rappel, Vincent Bolloré a été mis en garde à vue et mis plus tard en examen pour corruption d’agents publics étrangers, abus de confiance, faux et usage de faux. La justice française lui fait grief d’avoir obtenu, grâce à ses amitiés avec les présidents togolais et guinéen, la gestion des terminaux à containers des ports de Lomé et de Conakry.





