Depuis 2010, le Togo s’est engagé dans un processus de réformes dans le but de promouvoir la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion de la chose publique. Malgré tout, la corruption poursuit son chemin. L’Indice de perception de la corruption de Transparency International obtenu par le pays en 2016 (32/100) fait de lui le 116 pays le plus corrompu au niveau mondial et le 23ème en Afrique.
Pour faire avancer les choses et voir les premiers crimes financiers poursuivis devant la justice et punis, le projet pilote d’actions en justice pour lutter contre la corruption est né. Il a été officiellement lancé ce mardi à Lomé par Essohana Wiyao, président de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HALCIA).
Ce projet porté par l’Alliance nationale des consommateurs et de l’environnement au Togo (ANCE-Togo), le bras national de Transparency International au Togo, ce projet financé à coût de 612.854 euros, soit un peu plus de 400 millions de francs CFA par l’Union européenne, la RADDHO et l’ANCE-Togo, veut promouvoir la bonne gouvernance économique et la lutte contre la corruption à travers des actions pilotes en justice au Togo.
Selon le Directeur exécutif de l’ANCE-Togo, Fabrice Ebeh, il comporte trois (3) composantes, à savoir renforcer les capacités de l’ANCE-Togo, informer et former les acteurs sur les instruments de lutte et de bonnes pratiques et appuyer la mise en mouvement des poursuites judiciaires contre la corruption au Togo.
Si plus de 4 millions de Togolais seront informés sur les méfaits de la corruption pendant les 36 prochains mois, a-t-il relevé, on note que le projet va catalyser la collaboration parfaite avec la HALCIA, les corps de contrôle et les organes judiciaires, notamment l’Inspection générale des finances (IGF), l’Inspection générale de l’Etat (IGE), l’Inspection générale du trésor (IGT), l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), la HALCIA, le Réseau anti-corruption (RAC), la justice pénale, afin de réduire le taux d’impunité liés aux crimes financiers et promouvoir ainsi une meilleure gouvernance économique et la lutte contre la corruption.
Il contribuera également à améliorer le score du Togo sur l’indice mondial de perception de Transparency International.
Bref, à terme du projet, il est attendu que deux (2) ou trois (3) décisions de justice soient rendues sur des cas concrets de corruption, créant ainsi des précédents judiciaires sur lesquels pourront se greffer d’autres actions de justice dans le futur, rompant ainsi la chaîne de l’impunité liés à de tels crimes.
Le président du conseil d’administration de l’ANCE-Togo, le Révérend-père Daniel Nipape est largement revenu sur les méfaits de la corruption. Il s’agit, selon lui, du gaspillage des ressources financières, de la baisse de la qualité, de la création d’un environnement d’insécurité pouvant mettre en difficulté la stabilité politique d’un pays. La corruption, a-t-il poursuivi, aggrave la pauvreté, peut aussi créer le désintéressement des bailleurs de fonds et la réduction de la capacité d’un Etat à investir.
« Mon institution soutient toutes ces initiatives et travaillera étroitement avec l’ANCE-Togo pour lutter contre la corruption sous toutes ses formes au Togo », a déclaré Essohana Wiyao de la HALCIA.
Présent au lancement de ce projet, l’ambassadeur et chef de la Délégation de l’UE au Togo, Nicolas Berlanga Martinez a rappelé que la présence diplomatique de l’UE au Togo a pour « éléments prioritaires », le renforcement de la gestion des finances publiques, la lutte contre la corruption et le renforcement des institutions de suivi et de contrôle des finances publiques.
« Mais le projet qui vient d’être lancé ce matin va être le projet fédérateur de toutes les actions de la société civile », a-t-il reconnu.
Etaient également présents à cette cérémonie de lancement du projet pilote d’actions en justice pour lutter contre la corruption, Moussa Félix Sow de Transparency International-Sénégal et un représentant de l’Office régional des Nations Unies contre la drogue et le crime.





