Face à la politisation à outrance des Commissions électorales nationales indépendantes (CENI) qui se sont succédé au Togo, le gouvernement veut mettre en place d’ici août 2017, une CENI technique pour organiser les prochaines élections. Aussi, parle-t-on d’une prochaine relecture du code électoral en vue de corriger les imperfections.
Payadowa Boukpessi, le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, a commencé à discuter depuis le 29 juin dernier, avec une quinzaine de partis politiques dont l’Alliance nationale pour le changement (ANC), sur les aspects administratifs et techniques de cette nouvelle commission.
En conférence de presse ce jeudi, le parti de Jean-Pierre Fabre dit vouloir alerter l’opinion nationale sur un « nouveau coup de force » en préparation par le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), aux fins d’imposer à la classe politique et aux populations togolaises, « un code électoral et une prétendue CENI technique, taillés sur mesure ».
Pour l’ANC, la relecture du code électoral ainsi que la recomposition de la CENI constituent les réformes électorales prévues dans le cadre de l’Accord politique global (APG), au même titre que les réformes politiques constitutionnelles et institutionnelles.
« Il y a lieu de surseoir à la démarche en cours au niveau du ministre en violation de l’APG, et d’ouvrir entre les partis politiques parlementaires, une discussion sérieuse et structurée devant permettre d’engager les réformes électorales sur des bases saines et consensuelles », souligne le principal parti d’opposition parlementaire.
Un courrier a d’ailleurs été adressé au ministre en question sur ce souhait du parti orange.
Sur la question précise de la mise en place d’une CENI technique, les trois (3) émissaires de l’ANC qui ont rencontré le ministre Boukpessi, disent lui avoir rappelé que l’option de la mise en place d’une institution chargée d’organiser et de superviser les élections en lieu et place du gouvernement, procède du manque total de confiance entre les acteurs politiques. « Ce qui est le cas au Togo », a indiqué Edem Atantsi, Secrétaire général aux affaires politiques de l’ANC.
Selon lui, une commission électorale procède nécessairement d’un consensus politique. « A ce titre, elle est nécessairement politique. En outre, les missions dont la commission électorale est investie, à savoir la préparation, l’organisation et la supervision des élections, sont aussi éminemment politiques, mêmes si ces missions comportent, dans leur formulation et dans leur mise en œuvre, des exigences techniques », a-t-il ajouté.





