Que pense Agbéyomé Kodjo, le président de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS, opposition) du projet de loi portant création des communes au Togo que l’Assemblée nationale a adopté il y a quelques jours ?
Dans une interview accordée au journal « Indépendant Express » paru en kiosque ce mardi, l’acteur politique s’est réjoui qu’une étape « importante » du processus de décentralisation du pays vienne d’être franchie.
Cependant, continue-t-il, pour un sujet « éminemment important relativement à une ambition politique partagée, portant revitalisation des collectivités territoriales et modernisation de la gestion communale», il ne fait pas bien de savoir qu’il n’y ait pas eu de consensus sur ce texte de loi entre majorité et minorité parlementaires avant son adoption par l’institution parlementaire.
Après ce reproche sur la forme, l’ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale trouve à redire sur le fond même de ce projet de loi dont l’application peut s’apparenter à un « millefeuille administratif budgétivore ».
« Le nombre surabondant de communes créées (116) et l’empilement des structures communales ainsi engendré pourraient à l’heure où l’intercommunalité prévaut partout à travers le monde, et à l’heure d’une approche pragmatique dans le management public, constituer en cette phase première, un millefeuille administratif budgétivore dans la conduite de la politique de décentralisation initiée par le gouvernement », indique M. Kodjo.
Il a tenu à rappeler qu’en matière de décentralisation, les collectivités s’administrent librement et sont autonomes.
Le projet de loi portant création des communes a été voté le 23 juin 2017 par les députés de la majorité UNIR, de l’UFC et de Sursaut-Togo mais rejeté par les députés de l’ANC, du CAR et d’ADDI.





