Face à ce qu’ils appellent le refus « obstiné » du pouvoir de Faure Gnassingbé d’opérer les réformes et d’engager une mise en œuvre consensuelle de la décentralisation, onze (11) partis politiques de l’opposition togolaise se sont décidé à agir ensemble sur ces deux (2) thématiques actuelles au Togo, afin, disent-ils, de faire bouger les lignes.
Il s’agit des partis politiques membres du Combat pour l’alternance politique en 2015 (CAP 2015) et le Groupe des six (6) partis politiques.
En conférence de presse conjointe ce jeudi, ils proposent que les réformes « urgentes » ayant déjà fait l’objet d’un consensus, notamment la limitation du nombre de mandats présidentiels et le mode de scrutin à deux (2) tours, soient mises en œuvre « dès maintenant » par l’Assemblée nationale togolaise.
Le pouvoir de Faure Gnassingbé, poursuivent-ils, doit immédiatement entrer en discussion avec l’opposition à propos des réformes concernant le fichier électoral, le découpage électoral, la décentralisation, le contrôle des comptes de campagne, et certaines institutions comme la CENI, la HAAC et la Cour constitutionnelle. Les inquiétudes de ces partis prennent également en compte les réformes nécessitant une réflexion plus approfondie, notamment le fonctionnement régulier des institutions de la République, le respect des droits de l’homme, la sécurité et la paix publiques et le caractère républicain de l’armée togolaise.
« Nous voulons lutter pour obtenir les réformes. Nous ne voulons plus commettre les erreurs du passé. Nous avons laissé de côté ce qui nous divise pour nous consacrer sur le minimum qui nous unit. Cela n’empêche pas les partis politiques de travailler », a rappelé Jean-Pierre Fabre, leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC).
Pour la présidente de CAP 2015, Brigitte Adjamagbo Johnson, première responsable de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), les réformes politiques suscitées doivent être faites dans le cadre de l’Accord politique global (APG) signé par les acteurs politiques togolais en août 2006.
Cette démarche « originale », a ajouté le patron de « Le Togo autrement », Fulbert Attisso, permettra à l’opposition de créer le rapport de force nécessaire en vue de faire fléchir le pouvoir.
A partir de ce jour, tout ce qui touche aux deux (2) thématiques que sont les réformes politiques et la décentralisation, les 11 partis politiques agiront ensemble.
Ils ont profité de l’occasion pour lancer un appel « solennel » à toute la classe politique, aux organisations de la société civile, aux leaders d’opinion, à toutes les confessions religieuses, aux chefs traditionnels, aux corps organisés et à toute la population à se mobiliser pour disent-ils, « que les questions liées aux réformes politiques et à la décentralisation, restées longtemps sans réponse, soient enfin résolues dans le seul intérêt du Togo ».
Selon Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais, les questions liées aux réformes et à la décentralisation ne sont pas seulement politiques. Et au Président du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) d’ajouter que « lorsque la République est en danger, chacun doit se mobiliser ».





