ADS
25 May 2021

L’appel du pied des tisserands aux autorités togolaises

L’un des plus vieux métiers au Togo, le tissage de pagne est méconnu et le parent pauvre de tous les métiers. Et si rien n’est fait, ce métier qui a sauvé des situations dans le temps, peut disparaître du jour au lendemain. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes, à cause des railleries, n’aiment pas embrasser ce métier qui pourtant, peut nourrir son faiseur. Une situation que l’Association nationale des tisserands du Togo (ANATISTO) et ses membres n’acceptent pas.

Mobilisés mardi dans plusieurs localités du pays, ces hommes et femmes sont plus que décidés à valoriser ce métier. A Lomé, elles sont plusieurs femmes et filles, patronnes et apprenties, habillées toutes en kenté (pagne tissé), à jubiler autour de mets. Une célébration en différé de la fête du 1er  mai, disent les responsables.

« Nous organisons cette fête pour motiver nos apprenties, surtout que les gens n’apprécient pas tellement le tissage de pagnes comme la couture et la coiffure. Nous sommes peu nombreux. D’autres commencent mais ne terminent pas. Nous avons eu cette idée pour nous connaître et encourager les apprenants. Souvent, on leur demande pourquoi elles ont choisi le tissage de pagnes au lieu des 2 métiers précités. Ce qui provoque du découragement. Nous devons donc faire quelque chose pour montrer aux autres que nous existons », a lancé Ouébia Savague, présidente du Corps des tisserands du Togo (CORTISTO).

Dans leur agenda, les tisserands veulent valoriser leur métier et rester unis. « Nous voulons faire en sorte que ce travail soit reconnu partout et par nos dirigeants, surtout qu’aujourd’hui, on parle beaucoup plus de consommation locale », a souligné Mme Savague.

Elle a lancé un appel à l’organisation des journées de port du traditionnel. « Cela va avantager les tisserands et ce sera du marché pour eux. Ce sera dommage si le travail que nous faisons n’est pas apprécié. Nous ne sommes pas contre l’habillement d’aujourd’hui mais il faut que les dirigeants choisissent des jours pour le traditionnel », a-t-elle marqué.

Pour Ouébia Savague, il n’y a plus d’habit qui ne peut être cousu dans le pagne tissé. On peut, selon elle, y ressortir aussi bien des Batakali ou Bétékeli que des vestes.

La présidente de CORTISTO se plaint aussi pour la relève. Aux jeunes filles, elle dit de persévérer. Même des intellectuels peuvent s’en sortir, a-t-elle souligné avant d’ajouter que le tisserand n’a rien n’à envier aux autres corps de métiers, notamment la coiffure et la couture.

Read 330 times
Tagged under
Facebook Google Plus Twitter LinkedIn
Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…