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15 Dec 2020

Dussey : ‘les pays africains doivent penser à comment faire l’histoire mondiale’

Pendant 2 longues années de discussions, l’Union européenne (UE) et l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) sont parvenues à trouver un nouveau compromis économique. Un ‘bon compromis’ qu défend les intérêts des pays ACP, dit Prof. Robert Dussey. Le ministre togolais des Affaires étrangères, négociateur en chef de l’OEACP de l’Accord de partenariat post-Cotonou, revient sur les détails.

Le négociateur donne des précisions dans une interview accordée au Magazine de l’Afrique.

« Nous venons de conclure les négociations du post-Cotonou et, à partir de janvier, l’accord sera progressivement paraphé. La partie européenne a besoin de près de six mois pour faire ses procédures internes : il faut d’abord obtenir l’aval du Conseil et du Parlement européens. Après cela, nous nous retrouverons pour la signature de l’accord entre l’été et la fin de l’année 2021. Après son entrée en vigueur, on pourra alors commencer à en récolter les fruits », a-t-il déclaré.

Qu’est-ce qui différencie ce nouveau partenariat de l’accord de Cotonou? Selon le ministre togolais, le nouveau compromis comme l’accord de Cotonou, aura une durée de 20 ans. Cependant, le nouvel accord qui sera signé ne considèrera plus ‘ACP’ comme une entité.

« Aujourd’hui, la spécificité du nouvel accord est d’être un socle commun aux trois entités ACP. Au-delà, il existe un protocole pour chaque groupe qui le représente dans ses particularités. Des clauses sont prévues pour une révision tous les cinq ans. Chaque partie peut cependant saisir l’autre, s’il est nécessaire, pour discuter avant la fin de cette période », a-t-il expliqué.

Autrement dit, les pays africains ont trouvé des compromis spécifiques avec leur partenaire européen et les pays caraïbes et pacifiques en ont trouvé pour eux aussi.

S’il est content des négociations qu’il a conduites et appelle les parties à dépasser les mots pour signer les documents, Prof. Dussey lance les réflexions pour une Afrique leader.

« Le problème n’est pas seulement d’avoir des partenariats entre l’Union africaine et l’UE, la Chine ou d’autres puissances encore. C’est d’être conscients des enjeux, de définir nos priorités et de discuter pour nous permettre aussi un jour de faire l’histoire mondiale à notre tour », a-t-il lancé.

Tout au long de ces négociations, souligne le ministre togolais, c’est le nouveau leadership africain qui a animé les négociateurs africains.

« Ce nouvel élan et cette ambition du continent africain pour prendre en main son destin. Par cette négociation, nous voulons permettre aux populations africaines d’en ressortir grandies et qu’elles puissent se prendre en charge », a-t-il ajouté.

Selon le négociateur en chef, le nouveau compromis deviendra un accord entre les parties dans 6 à 9 mois.

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