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Togo: la CNDH met fin à un long feuilleton, ‘Cimetière’ et ‘Dékpo’ n’étaient pas des braqueurs Photo des 2 présumés braqueurs
27 Jul 2020

Togo: la CNDH met fin à un long feuilleton, ‘Cimetière’ et ‘Dékpo’ n’étaient pas des braqueurs

28 juillet 2019. Deux (2) jeunes hommes ont été abattus dans les environs de la société SOTOTOLES à Lomé. Plusieurs personnes avaient crié à un grand coup frappé par la police togolaise en mal devant les affres des braqueurs. D’autres n’y croyaient pas. Alors que la police avait présenté ces 2 personnes qu’elle a tuées comme des braqueurs qu’elle aurait filés, les familles des 2 jeunes sont montées u créneau pour signaler des enlèvements. Un an après, cette victoire à la Pyrrhus est désavouée par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).

Selon l’institution présidée par Nakpa Polo, ces 2 jeunes du nom de ‘Cimetière’ et de ‘Dékpo’ ne sont pas à proprement parler des braqueurs. C’est là un point frappant des conclusions d’un rapport du 5 décembre 2019 mais qui tombe dans le domaine public 7 mois plus tard.

Ledit rapport établit suivant les informations ‘édifiantes’ recueillies au cours des investigations du groupe de travail mis en place par la commission, que ces 2 personnes qui ont été présentées comme des braqueurs pris en filature, n’étaient que des gens enlevés à leurs domiciles par des hommes dont certains en tenue de « sodja » (soldat).

Sur la question de savoir si les personnes abattues étaient en opération de braquage, la CNDH conclut par la négative.

« Les éléments recueillis lors des investigations n’établissent pas, même si l’un des présumés braqueurs a plusieurs antécédents judiciaires, que ceux-ci étaient délibérément sortis cette nuit pour aller commettre un braquage », écrit la CNDH. 

Cette révélation va embarrasser plus d’un. Elle tombe au moment où les Togolais ont encore en mémoire la mort récente de certaines personnes dont on attend encore les rapports qui, prédisent plusieurs voix, ne seront jamais rendus publics.

Les suites immédiates de la mort des 2 présumés braqueurs

Ce 28 juillet 2019, un commissaire principal de police, se présentant comme porte-parole de la police nationale, interviewé sur les lieux, avait présenté ‘Cimétière’ et son compagnon ‘Dékpo’ comme étant des braqueurs pris en filature. Selon lui, il s’agissait de 2 ‘malfrats’ qui ont braqué un citoyen qui revenait de la banque avec une importante somme d’argent et au cours de leur tentative, un policier avait été gravement blessé par balle.

« Il avait opéré de concert avec des complices venus du Ghana. Une surveillance a été mise en place autour de ce dernier, afin de suivre ses activités. C’est ainsi que dans la nuit du 27 au 28 juillet 2019, un malfrat résident au Ghana a rejoint le sieur nommé cimetière dans un ghetto à Katanga, ils ont consommé de la drogue, planifié une nouvelle opération avant de se mettre sur une moto de marque Apsonic non immatriculée », a indiqué le commissaire.

Le repris de justice, en l’occurrence ‘Cimetière’ et son complice, a poursuivi le commissaire, se préparaient à commettre un nouveau forfait. « Ayant constaté qu’il s’agissait des agents et voulant s’échapper, le nommé cimetière en couple sur la moto et armé d’un pistolet de fabrication artisanale, a ouvert le feu en leur direction. Les agents ont immédiatement riposté les atteignant mortellement », a relevé l’officier de police.

Un tableau qui n’avait pas convaincu plus d’un. D’abord ce sont les familles des 2 présumés braqueurs lavés de tout soupçon par la CNDH qui sont les premiers à réagir. Pour eux, leurs ‘enfants’ ont été enlevés chez eux et présentés à la suite comme des ‘braqueurs tués’.

Une association de défense des droits de l’homme n’était pas, comme les premiers, convaincue. Il s’agit du Mouvement Martin Luther King (MMLK) de pasteur Edoh Komi.

En réaction à ces prises de position, le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Damehame Yark s’était prononcé. Il a réitéré la position de la police et a ajouté : « nous n’avons aucune raison d’aller prendre des compatriotes de leur maison et aller leur faire du mal ou les exécuter ».

Il a d’ailleurs ajouté que le gouvernement va poursuivre les familles qui affirment le contraire de la position de la police et l’association suscitée.

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