07 Jun 2019

Togo : un bénéficiaire indirect des cantines scolaires prie pour sa rallonge

« Cette opération a commencé chez nous en 2014. Grâce à cette opération, les producteurs ont trouvé un lieu sûr où écouler leurs produits dont ils ne savaient quoi faire avant. Nous vendons les produits régulièrement. La pauvreté a donc diminué. On a des produits mais on ne savait pas comment les écouler. Auparavant, nos enfants ne sont pas habitués à apprendre. Mais avec les cantines scolaires, ils mangent bien à l’école à midi et ont commencé à bien apprendre. Les résultats à la fin de l’année sont bons. Nous prions la Banque mondiale de bien vouloir continuer à nous aider ».

Ce témoignage sur les cantines scolaires et prière pour voir cette opération se poursuivre dans le temps, sont de Komlan Toudji, secrétaire du Comité des parents d’élèves à Tométikondji à Tabligbo, dans la préfecture de Yoto. L’importance des cantines scolaires dans les écoles bénéficiaires et par ricochet dans les localités qui abritent ces écoles, n’est plus à démontrer.

Sous-composante du projet  de Filets sociaux et services de base (FSB), les cantines scolaires permettent d’offrir chaque jour un repas chaud aux élèves au Togo. 92.000 écoliers de 304 écoles de 22 préfectures réparties dans les 5 régions économiques du pays en ont bénéficié cette année scolaire 2018-2019. Elles sont financées chaque année à hauteur de 2,5 milliards de francs CFA, dont 1,5 milliard de la Banque mondiale et 1 milliard de l'Etat.

Mais le 31 décembre 2019, le financement apporté par la Banque mondiale à cette opération de cantines scolaires arrive à terme. L’information a été donnée vendredi à Lomé, au cours de l’atelier de revue à mi-parcours pour le partage des conclusions des rapports des projets d’Opportunités d’emplois pour les jeunes vulnérables (EJV) et de Filets sociaux et services de base (FSB), par Mazalo Katanga, la Directrice générale de l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB).

La première responsable de cette structure professionnelle au service du développement à la base a lancé un appel aux institutions nationales et internationales à mettre la main à la poche pour que les résultats obtenus ces dernières années grâce à cette opération, soient maintenus ou mieux, aillent de l’avant pour couvrir toutes les écoles pauvres du Togo.

Selon les résultats officiels, le taux d’abandon dans les écoles à cantines est de 0,8% contre 1,5% dans celles sans cantines depuis 2010. Dans les écoles bénéficiaires, les effectifs connaissent une augmentation de 10,3% contre 0,6% dans les écoles où il n’y a pas de cantines scolaires. Bref, ces cantines contribuent à la couverture des besoins en alimentation des enfants.

« Au vu des résultats forts positifs de ce projet, et de la difficulté de mobilisation des ressources financières, une expérience-pilote a été initiée dans 10 villages avec une contribution des communautés. Cette expérience consiste à soutenir les efforts des parents de ces écoles avec des appuis techniques et financiers du gouvernement à travers l’ANADEB », a relevé Mme Katanga.

Les cantines scolaires ne sont que la partie visible de l’iceberg. Pour répondre aux besoins pressants de développer des infrastructures de base et de renforcer l’accès aux services sociaux, la Banque mondiale et le Togo ont multiplié des initiatives. Comptent parmi ces initiatives, les travaux à haute intensité de main d’œuvre (THIMO) et les filets sociaux de protection des personnes les plus vulnérables.

Et dans le cadre des projets d’Opportunités d’emplois pour les jeunes vulnérables (EJV) et de Filets sociaux et services de base (FSB), plus de 5.000 jeunes ont commencé à travailler et suivent des formations dans 72 villages et plus de 17.000 ménages plus pauvres reçoivent des transferts monétaires trimestriels.

« Ces deux projets ont pour objectifs de protéger et d’offrir un appui à court terme aux personnes et ménages les plus vulnérables vivant dans les communautés les plus pauvres du pays, tout en améliorant leurs opportunités économiques de manière durable. Cependant, malgré toutes les avancées positives, le chemin à parcourir par ces projets pour l’atteinte des objectifs fixés, dans le temps qui nous reste, est encore long », a reconnu Koffi Hounkpé, le représentant du représentant résident de la Banque mondiale au Togo, au cours de l’atelier de lancement des travaux de partage des conclusions des rapports des 2 projets.

Ces 2 initiatives, selon Ayawovi Demba Tignokpa,  ministre de la Planification  du développement et de la coopération, complètent bien d’autres actions menées par le gouvernement en faveur des populations à la base.

Elle a cité pêle-mêle le Programme d’appui aux populations vulnérables (PAPV), le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), le Programme de volontariat d’engagement citoyen des jeunes déscolarisés, les programmes d’entrepreneuriat et d’inclusion financière.

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