10 Apr 2019

Togo : le CINU et les journalistes parlent du génocide rwandais de 1994

Le Centre d’information des Nations Unies au Togo (CINU) a organisé ce mercredi à son siège à Lomé une conférence-débat avec les hommes et femmes de médias togolais sur le rôle des médias dans le génocide et les dangers de la xénophobie, du racisme et de l’intolérance. C’est en lien avec la commémoration cette année du 25ème anniversaire du génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda.

Nadiétou Zibilila, la responsable dudit centre a d’entrée de jeu partagé avec les journalistes le message délivré le 7 avril dernier par le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à l’occasion de la commémoration du 25ème anniversaire de ce triste événement au cours duquel plus de 800.000 personnes, en grande majorité des Tutsis, une ethnie minoritaire rwandaise, mais aussi des Hutus (ethnie majoritaire) modérés et les opposants au génocide ont été tués.

« Ce n’est pas une rencontre isolée. Elle entre dans la droite ligne des activités que nous menons avec  plusieurs cibles, notamment la société civile, les élèves, les groupes de femmes, des cibles avec lesquelles nous discutons de plusieurs thématiques », a indiqué la responsable du CINU.

Selon elle, les causes de ce génocide sont la ségrégation dans la société rwandaise (inscription sur la carte d’identité de l’ethnie), la perte du pouvoir par les Hutus, ce qui a été à la base d’une frustration mais surtout le rôle joué par les médias, en l’occurrence la radio 1000 collines.

« Le message envoyé par cette radio a atteint la majorité de la population et a fait que le génocide a duré dans le temps », a-t-elle lancé.

Si au Togo, selon cette journaliste, les médias abattent un travail ‘formidable’, non moins vrai est le fait que les hommes et femmes de médias, qui sont avant tout des faiseurs d’opinion, ne sont pas sans savoir que les déclarations sur les radios et leurs écrits dans les colonnes des différents journaux, peuvent avoir des répercussions.

« Nous sommes responsables des messages qui passent sur nos ondes et dans nos colonnes. Nous devons avoir à cœur que ces messages peuvent avoir des répercussions et cela peut être le point de départ de quelque chose qu’on ne peut arrêter », a-t-elle relevé.

Le professeur Magloire Kouakouvi n’est pas passé par 4 chemins pour condamner c qui se passe au Togo. Selon lui, la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR), au cours de sa mission, a recueilli 25.000 plaintes mais il n’y a pas un seul présumé coupable. « C’est terrible pour l’avenir d’un pays », a-t-il regretté.

Pour cet enseignant des universités, la minorité, la religion, les idéologies politiques et les milices constituent des sources de haines. Il a ajouté qu’il y a aussi de la discrimination dans le pays.

« Elle est larvée. Tout le monde a la paix et la réconciliation à la bouche mais le dernier dialogue politique a encore échoué », a-t-il souligné.

Dans son monde au monde entier, Antonio Guterres a demandé aux dirigeants politiques, aux chefs religieux et aux représentants de la société civile, bref aux femmes et aux hommes en général et partout dans le monde, de dénoncer les discours haineux et la discrimination et de remédier énergiquement aux maux qui nuisent à la cohésion sociale et créent un climat propice à la haine et à l’intolérance.

« Alors même que nous réaffirmons notre détermination à empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent, nous voyons la xénophobie, le racisme et l’intolérance gagner dangereusement du terrain dans de nombreuses régions du monde », fait-il observer.  

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