02 Nov 2018

Un nouveau texte bientôt sur la table du gouvernement

Une étude réalisée en 2016 par l’ONG ‘Les amis de la terre Togo’ montre que certains produits commercialisés sur le sol togolais contiennent jusqu’à 2000 parties par million (ppm), au-delà du niveau  tolérable qui est 90 ppm du poids du contenu. Autrement dit, la population court un risque de saturnisme (intoxication au plomb).

Pour permettre au Togo de rentrer dans le cercle fermé des 69 pays au monde qui ont limité les risques d’intoxication liés au plomb à travers une législation spécifique, cette organisation qui se trouve être le point focal des organisations de la société civile togolaise sur l’approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques, a présenté ce vendredi à la presse, une proposition de texte relative à l’élimination du plomb dans la peinture au Togo.  

Ce texte inspiré du modèle proposé au plan international où on donne jusqu’à 2020 à tous les pays de rentrer dans la danse, est fait de 27 articles répartis en 8 titres et sera bientôt soumis au gouvernement togolais, à travers la direction de l’environnement.

Selon les responsables de ‘Les amis de la terre Togo’, en la matière, il n’y a pas de vide juridique au Togo, la loi-cadre sur l’environnement prévoyant des dispositions générales liées aux produits chimiques. Mais le texte dont il est question aujourd’hui, est un texte spécifique au plomb.

« Entre autres, il impose aux fabricateurs et exportateurs de respecter les règles et prescriptions générales en matière de gestion des déchets, fixe le seuil réglementaire au-delà duquel une peinture est considérée comme violant la législation (90 ppm). Les fabricants et les exportateurs doivent procéder à une déclaration de conformité avant toute distribution ou commercialisation. Il traite également des faits constitutifs d’infractions aux dispositions de la loi », a déclaré Pacôme Mougue, juriste environnementaliste auprès de ladite organisation.

Il y a une prise de conscience de l’autorité sur la dangerosité de ce métal lourd, pense-t-il. « Mais il faut maintenant fixer une limite qu’il ne faut pas franchir. D’où la nécessité d’une loi spécifique », a-t-il relevé.

Selon Elorm Kokou Amégadze, Directeur exécutif par intérim de l’ONG, c’est une thématique importante mais qui est ignorée de la majorité de la population. L’exposition au plomb, a-t-il poursuivi, peut avoir une incidence sur le cerveau et altérer les capacités cognitives.

« Chez l’enfant, on peut assister à la baisse du rendement scolaire et à la faiblesse du système immunitaire. Le plomb peut également causer des maladies pulmonaires, cardio-vasculaires, rénales, la faiblesse sexuelle, l’hypertension artérielle et peut porter un coup à la visibilité », a-t-il énuméré.

Chez la femme enceinte, les conséquences d’une exposition au plomb peuvent être fatales pour l’enfant qui va naître (malformations) et même provoquer des fausses couches. Les impacts socio-économiques qui peuvent en découler pour un pays sont énormes, a-t-il ajouté.

L’ONG ‘Les amis de la terre Togo’ n’est pas à sa première action pour sauver la santé humaine et l’environnement. En 2003, elle était à l’avant-garde de la lutte enclenchée au Togo contre les organismes génétiquement modifiés (OGM), une lutte qui a abouti à une loi en 2009.

Cette rencontre avec la presse a également été le lieu de l’annonce par l’ONG de la célébration de la journée africaine pour une dentisterie sans mercure 2018, placée sous le thème : « combattre l’intoxication à l’amalgame dentaire pour protéger les enfants ».

Le mercure, comme le plomb, est un métal lourd dont l’amalgame peut s’infiltrer dans la dent et lui donner une coloration plus grise. Ce mercure évolue progressivement jusqu’aux poumons, le sang et le cerveau.

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