12 Feb 2018

Tdh et des maires conjuguent leurs efforts pour l’effectivité des budgets sensibles à la protection des enfants

Au Togo, les moins de 18 ans (enfants) représentent 48,2% de la population (RGPH 2010). Malgré l’existence des textes, les enfants ne jouissent pas effectivement des droits fondamentaux, surtout à cause du gap en matière de budgétisation sensible aux droits de l’enfant.

Les allocations budgétaires des secteurs de la protection sociale et de la promotion du genre représentent 1,4% du budget général de l’Etat et les secteurs sociaux qui doivent bénéficier chaque année de 36,8% des allocations budgétaires, ne bénéficient que de 27,6% depuis 6 ans. Même au niveau des collectivités locales, les lignes budgétaires spécifiques aux droits de l’enfant ne sont pas clairement définies.

Il faut agir, selon Terre des hommes (Tdh) et ses partenaires, notamment l’Association des enfants et jeunes travailleurs (AEJT). Un plaidoyer sera fait jeudi prochain à l’endroit des maires pour l’intégration dans les plans annuels d’investissement des mairies, des besoins des enfants, y compris ceux des enfants migrants, une activité prévue par le projet de protection des enfants migrants le long du corridor Abidjan-Lagos (projet CORAL).

Mais en attendant, depuis ce lundi et ce pour trois (3) jours à Aného (50 km à l’est de Lomé), les maires de Lomé, d’Aného, de Vogan et de Kévé, leurs adjoints et les chargés de projet de ces quatre (4) localités concernées par le projet CORAL au Togo, se font former sur la budgétisation sensible à la protection des enfants et des enfants migrants.

Dans son mot à l’ouverture de cette rencontre qui est à la fois une formation et un plaidoyer, Benjamin Fagbedzi, chargé du projet CORAL à l’AEJT, a fait savoir que protéger les enfants contre leur vulnérabilité, c’est accroître leur chance de survie et le développement harmonieux. « Aidez-nous à aider vos circonscriptions », s'est-il adressé aux participants.

Le président de la Délégation spéciale de la ville d’Aného, Patrice Ayayi Ayivi, ne dira pas le contraire. Pour lui, les enfants constituent la couche la plus vulnérable et en tant que tel, ils ont besoin de protection.

« Quand on parle d’enfant, on parle de demain et de l’avenir de notre pays », a-t-il rappelé, ajoutant que les différentes collectivités verront comment elles vont intégrer à partir de 2019 l’aspect de la budgétisation sensible à la protection des enfants, même si, souligne-t-il, depuis 2001 où les délégations spéciales sont installées, les moyens n’ont pas suivi.

Selon Yawo Etsè, chef de bureau pays Tdh, les chiffres cités plus haut et tirés des études de la Banque mondiale, du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et d’un rapport du Bureau international du travail (BIT) démontrent la nécessité de promouvoir une budgétisation en faveur des enfants, y compris les enfants migrants afin, dira-t-il, de les protéger contre l’extrême pauvreté, les vulnérabilités tout au long de leur cycle de vie, de leur parcours migratoire et assurer ainsi la sécurité, la sûreté  et le développement des sociétés.

Sans ressources financières, a-t-il poursuivi, la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE) et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE) et les conventions auxquels les Etats sont parties, restent des promesses vides. « Les budget sont indubitablement le baromètre objectif des priorités de politique et du véritable engagement des gouvernements », a-t-il ajouté.

Pour rappel, le projet CORAL financé par l’Union européenne et mise en œuvre par Tdh, le Mouvement des associations d’enfants et des jeunes travailleurs et ENDA jeunesse et action, va sur une période de trois (3) ans et concerne cinq (5) pays, à savoir la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria.

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