07 Jun 2019

Togo : témoin oculaire de la mort par noyade d’un jeune, Kaboua secoue l’Assemblée

Un mois exactement après avoir décrié devant la presse un ‘grave’ détournement de fonds qui prévaut dans le secteur du café et du cacao au Togo, le député Abass Kaboua a présenté jeudi à ses collègues, une situation à la fois dramatique et pitoyable. Prenant la parole en divers de la 6ème séance plénière de la 1ère session ordinaire de l’année à l’Assemblée nationale, le président du Mouvement des républicains centristes a fait part aux autres députés, de la mort par noyade d’un jeune homme 17 ans, sous le regard des sapeurs-pompiers.

La scène qui est passée inaperçue, s’est produite il y a quelques jours dans le quartier Léo 2000 à Avédji à Lomé. Le jeune homme, élève en classe de première, en compagnie de certains de ses camarades au bassin de rétention d’eau de Léo 2000 où ils se donnaient à une partie de pêche, a malheureusement glissé dans l’eau.

« On voyait tous le petit se débattre mais personne n’avait le courage de plonger dans ces eaux puantes. Le jeune a fini par se noyer et disparaître dans l’eau. Les sapeurs-pompiers n’ont pas mis du temps pour arriver. Ils étaient 8 éléments à être sur les lieux et parmi eux, il y avait un seul qu’on appelait dans leur jargon un dragueur. On a dû mettre une sangle et des cordes autour de la hanche de ce monsieur. Il est descendu dans l’eau pour évaluer la profondeur et chercher l’enfant. Il n’avait même pas de lunettes de plongeur. Il nous a expliqué que c’est avec ses pieds qu’il cherchait dans l’eau parce qu’il ne pouvait ouvrir les yeux dans ces eaux au risque de les abîmer », a-t-il narré aux autres députés.

Selon le député Kaboua, si le jeune a trouvé la mort dans cette noyade, c’est parce que les sapeurs-pompiers sont arrivés sur les lieux sans moyens adéquats.

« Ils quittaient les lieux vers 18h30 sans toujours retrouver le corps. Ils nous ont dit qu’ils vont faire leur procès-verbal et qu’il faudra espérer entre 48h et 72h pour permettre au corps de remonter à la surface. Nous n’avons pratiquement pas dormi dans le quartier. Nous avons veillé au bord de ce bassin, espérant que l’enfant remonterait à la surface. Sa mère voulait même se jeter aussi dans l’eau mais les populations ont pu la maîtriser », a-t-il poursuivi.

Cette situation, a-t-il conclu, peut arriver à tout le monde, même aux députés. Il est donc nécessaire, selon l’acteur politique, que la représentation nationale pense à comment elle doit œuvrer pour que le corps des sapeurs-pompiers puisse disposer des moyens adéquats afin qu’une situation aussi désastreuse ne se reproduise.

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