13 Apr 2019

Ekon : ‘si les jeunes marchent, c’est qu’au-delà de la politique, ils ont des problèmes de subsistance’

La Convergence patriotique panafricaine (CPP) assure ce samedi à Lomé la formation de 35 de ses jeunes militants en matière de décentralisation et ses contours. La séance a été ouverte par le président dudit parti. Francis Mawouena Ekon a confié à Global Actu les objectifs poursuivis par cette formation.

Il a aussi profité de l’occasion pour dire ce qu’il pense des derniers développements de l’actualité politique togolaise, avec en toile de fond, les manifestations du Parti national panafricain (PNP). Selon M. Ekon, les marches qu’on fait au Togo depuis 1990 n’ont rien changé. Mais si les jeunes togolais continuent à marcher, c’est en fait qu’au-delà de la politique, ils ont des problèmes de subsistance. Il pense aussi que les élections législatives du 20 décembre 2018 ont fait reculer le Togo de 30 années.

Les jeunes militants de la CPP qui prennent part à cette formation, sont venus de plusieurs préfectures, notamment Binah, Kozah, Dankpen, Kloto, Agou, Yoto, Avé et le Grand-Lomé. Il s’agit d’une formation des formateurs assurée par l’expert en décentralisation et en développement local, Ouro-Bossi Tchakondo. Selon le président de ce parti politique, la CPP a toujours mis l’accent sur la formation et n’a jamais accepté d’être une ‘forteresse’ dans laquelle on enferme surtout les jeunes.

« Nous avons toujours organisé des formations des fois qui sont ouvertes mêmes aux jeunes des autres partis politiques ou de la société civile. C’est ce que nous faisons encore aujourd’hui. Depuis des décennies, il n’y a pas eu d’organisation d’élections locales. Les jeunes universitaires qui sont aujourd’hui avec nous ne savent pas de quoi ils retournent lorsqu’on parle de la municipalité et de la gestion des préfectures etc…Une fois sortis de cette formation, ces jeunes seront capables d’aller expliquer à leurs semblables la décentralisation », a-t-il déclaré.

Et comme l’Etat enfin se décide à organiser ces élections, a poursuivi M. Ekon, le parti a pensé qu’il serait nécessaire d’échanger avec les jeunes et de leur donner un minimum sur ce que c’est qu’une mairie, une préfecture, et même les villages.

Son premier appel est allé à l’endroit des partis politiques et des organisations de la société civile. Il souhaite que cette formation soit étendue à l’endroit de tous les jeunes togolais et même des gens de son âge, pour que tout le monde soit au même diapason d’informations et de connaissance et savoir ce que sera demain pour les Togolais, lorsqu’on parlera des élections locales.

A l’endroit de ceux qui penseraient que la CPP est en train de préparer les prochaines élections locales, le président dit ceci : « il est vrai que le Togo traverse une période où il n’y a pas d’entente en matière des élections. Je veux dire à ceux qui disent que nous nous préparons déjà pour les locales, d’être positifs. Lorsque l’on transmet une connaissance à une personne, on aide le pays à évoluer. Ce n’est pas pour nos intérêts particuliers et personnels que nous faisons certaines choses. Formons nos jeunes et le dialogue sera plus facile », a-t-il insisté.

Sur l’actualité politique proprement dite, le président de la CPP estime avoir déjà dit ce qu’il a à dire et espère tout de même que les journalistes vont rappeler de temps à autre, aux moments opportuns, que son parti a déjà dit telle chose ou analysé telle orientation il y a 2, 3 ou 4 ans.

« Nous disons une seule chose aujourd’hui, il faut aimer ce pays. La chaise du président de la République est seule et au-delà de ce fauteuil, les Togolais doivent pouvoir s’entendre. Toutes les marches que nous faisons depuis 1990 n’ont rien changé. Nous venons de faire des élections (les législatives de décembre 2018, ndlr) qui pratiquement nous ont fait faire une marche arrière de plus de 30 ans parce qu’une forte partie de l’opposition n’a pas participé à ces élections et un seul parti politique se trouve très majoritairement représenté à l’Assemblée nationale », regrette-t-il.

Il a donc lancé je un appel aux acteurs politiques de tous bords à ‘aimer’ le Togo  et à le mettre au-dessus de toutes autres préoccupations.

« J’ai dit et je continue à dire au pouvoir qu’une des façons de faire en sorte que ce peuple puisse revoir son orientation, c’est une meilleure redistribution de la richesse nationale ; c’est faire en sorte que les jeunes aient du travail. Un jeune occupé et qui a du travail à rendre, acceptera difficilement de répondre à un appel à manifester », a-t-il souligné.

Seuls ceux d’entre eux qui pensent que leur avenir est toujours dans la politique, feront la politique, a-t-il ajouté avant d’ajouter que  « si les jeunes marchent, c’est en fait qu’au-delà de la politique, ils ont des problèmes de subsistance ».

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