13 Mar 2019

Togo : tout ou presque tout sépare désormais le CAR et le PNP de la coalition

Les chances que le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo et le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam retournent au sein de la coalition des partis politiques de l’opposition, sont désormais faibles. Selon Eric Dupuy, conseiller du président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), à la fin des journées de réflexion de la coalition, les 5 des 14 partis qui n’y ont pas pris part, ont été invités à connaître le contenu des conclusions de ces journées.

Mais un seul parti politique des 5 s’est présenté. Il s’agit du CAR qui au finish, a rejeté les relevés des conclusions de ces journées. Le PNP, selon M. Dupuy, n’est pas venu. Mais au-delà de cela, il n’a même pas signifié qu’il ne se présenterait pas à la réunion. Une situation qui fait grincer les dents à l’ANC.

« Suite à la rédaction des relevés de conclusions des journées de réflexion, nous avons invité les 5 partis politiques qui n’y ont pas pris part à venir écouter le fruit de nos réflexions, avant leur publication. Un seul parti est venu. C’est le CAR et ce parti a refusé de soutenir ces conclusions. C’est son droit. Il y a un autre qui n’a même pas daigné répondre qu’il ne venait pas. On l’a attendu, il n’est pas venu. Ce n’est pas un comportement de gentleman », a déclaré ce mercredi M. Dupuy sur la radio Nana FM.

Et si demain, l’un de ces partis revenait sur sa décision de suspension des activités à la coalition, note Eric Dupuy, il sera obligé d’accepter le contenu des réflexions sorties des journées de réflexion. « Nul n’est au-dessus des autres partis politiques », a-t-il prévenu.

L’autre chose qui éloigne définitivement les 2 partis (CAR et PNP) de la coalition, c’est la question des prochaines élections locales. Alors que ces 2 partis exigent que les réformes soient faites avant toute consultation électorale, les autres partis de la coalition pourraient prendre part aux prochaines élections locales, avec ou sans les réformes.

Selon le collaborateur de Jean-Pierre Fabre, même si l’opposition doit tout faire pour obtenir les réformes, la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui, mérite qu’on dise que les réformes exigées depuis 2017 par la coalition des 14 seront difficiles à obtenir. Et de nuancer que les réformes constitutionnelles et institutionnelles exigées ne concernent pas nécessairement les locales.

« Aujourd’hui, nous devons veiller à ce que, si le gouvernement ne veut pas faire les réformes, il faut qu’on ait un minimum qui puisse permettre la transparence de ces consultations électorales (locales, ndlr), de manière à ce que les élus soient les émanations du peuple », a-t-il mentionné.

Cependant, a-t-il poursuivi, pour l’élection présidentielle de 2020, il faudra à tout prix empêcher le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, de briguer pour un 4ème mandat. Et pour y arriver, note le chargé de communication de la coalition, les Togolais doivent s’inspirer du cas algérien.

« Je pense qu’avec ce qu’il s’est passé en Algérie il n’y a pas longtemps, que l’élite togolaise, les grandes personnalités de ce pays, notamment les avocats, les magistrats, les médecins, les ingénieurs, les enseignants d’université doivent au moment venu, sortir pour dire qu’un 4ème mandat, c’est trop. Et surtout, bientôt 60 ans pour la même famille et le même clan. Si tout le peuple se mobilisait de cette manière, il y a beaucoup de choses qui changeraient dans ce pays », a-t-il fait savoir.

Il faut signaler aussi que pour cette présidentielle, des 9 partis politiques qui ont pris part aux journées de réflexion de la coalition, c’est l’ANC qui a porté des réserves contre l’idée de la candidature unique de l’opposition contre le candidat du pouvoir.

Au cours des débats, selon les informations, c’est Jean-Pierre Fabre qui se serait personnellement opposé à cette idée. Selon M. Dupuy, cette stratégie a plusieurs fois été utilisée mais elle n’a jamais marché.

« Si en matière de réformes on obtenait un scrutin uninominal majoritaire à 2 tours, on peut avoir plusieurs candidats au premier tour, en évitant de se tirer dessus. C’est ce que certains ont appelé un parapluie commun. Et au second tour, on soutient celui qui est le mieux placé. C’est ce qui se passe dans toutes les grandes démocraties. Et pourtant, on a entendu que c’est Jean-Pierre Fabre qui voulait se faire élire par les autres, candidat unique », a-t-il ajouté.

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