08 Jan 2019

Atchadam : ‘le moment est venu de donner à la lutte ce qu’il lui manque’

Pour la première fois depuis le scrutin législatif du 20 décembre dernier, le leader du Parti national panafricain (PNP), sort de son silence. Tikpi Atchadam, celui par qui la contestation du pouvoir de Faure Gnassingbé s’est exacerbée depuis le 19 août 2017, appelle le ‘vrai’ peuple togolais à conclure la lutte en prenant massivement part à la manifestation de rue que la coalition des 14 partis politiques de l’opposition organise le 12 janvier prochain sur toute l'étendue du territoire togolais.

Pour galvaniser les Togolais, le président du PNP leur fait savoir que s’ils ont pu faire échec au scrutin susmentionné qu’il qualifie ‘de la honte’, c’est qu’ils peuvent aisément venir à bout du régime de Faure Gnassingbé, en, dira-t-il,  transformant le ‘boycott massif’ en ‘action massive et non violente’.  

« Sortons tous  le 12 janvier 2019 mais comme toujours, les mains nues. Notre force, c’est le nombre. Nous n’avons pas de plan B », lance M. Atchadam dans un audio qui circule ce mardi soir sur les réseaux sociaux. Il profite de l’occasion pour mettre en garde le pouvoir contre toute violence. « La coalition organise des marches pacifiques et non des courses poursuites avec l’armée et les forces de l’ordre », dit-il.

Selon l’homme de Kparatao, le moment est venu de donner à la lutte  ce qu’il lui manque : la généralisation de la lutte à l’ensemble du territoire national sans exclusive. Selon lui, il est l’heure de mobiliser tous les Togolais qui ont opté pour un boycott ‘massif’ du scrutin législatif dans tous les quartiers de toutes les villes et de tous les villages du Togo. Il invite les organisations de la société civile à combler ces insuffisances de la mobilisation en faisant un ‘travail de fourmi’ dans les coins et recoins, surtout dans les quartiers à forte densité de population.

« Le peuple a accompli 2/3 du travail, il ne nous reste qu’à le mettre debout dans la rue contre cette dictature et on n’en parle plus. Nous sommes arrivés au point où la valeur d’un patriote, d’un parti politique d’opposition, d’une organisation de la société civile ne se mesure que par sa capacité de mobilisation. Le débat n’est pas qui des partis politiques doit prendre le devant de la lutte, le défi auquel nous faisons face est là et il crève les yeux », a-t-il relevé.

Il ne manque pas de commenter clairement ce qu’il s’est passé au Togo le 20 décembre 2018. Il s’agit, selon lui, du boycott le plus écrasant de  l’histoire politique contemporaine de l’Afrique, avec un taux de participation rasant le plancher.

Mieux, dira-t-il, à la place d'élections législatives pour élire des députés, les Togolais se sont donnés à un référendum sur la Constitution et un plébiscite portant sur la personne du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.

« D’une part, le peuple a exprimé son attachement à la constitution de 1992, d’autre part, le peuple a répondu par non à la question :’voulez-vous que Faure reste au pouvoir ? », souligne le président du PNP.

Dans ces conditions, annonce Tikpi Atchadam, ce que devrait faire un président de la République qui n’est pas dans la logique du pouvoir pour le pouvoir, c’est de tirer les conséquences en s’éclipsant à la fin de son 3ème mandat ‘de trop’ et en appelant à une transition en vue de mettre en œuvre toutes les réformes qui s’imposent.

« Voilà le réflexe d’un président détenant le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple », pense-t-il.

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