17 Nov 2018

Fabre : ‘nous venons de lancer par cette manifestation, le départ du régime de Gnassingbé’

A l’appel de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, les Togolais sont encore sortis nombreux ce samedi dans les rues de Lomé. Cette manifestation politique, la première depuis plusieurs mois, lance selon le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, le départ du régime de Faure Gnassingbé.

Partis de Bè Gakpoto et de Bè Simè, la marche vient de prendre fin. Sur les différentes pancartes et affiches, on peut lire plusieurs messages adressés à la CEDEAO et à ses commis et aux diplomates du Groupe des 5. « Le Togo et le Bénin sont 2 pays frères mais à cause de l’argent et son ventre, le Général Béhanzin a décidé de vendre la lutte des populations togolaises », « Garba Lompo, le fossoyeur », « 1500 Togolais tués en 2005 » ou encore « les vautours sont de retour CEDEAO-UE-UA, la guerre civile que vous voulez pour les Togolais n’aura pas lieu ».

« C’est avec beaucoup de détermination que nous reprenons les manifestations. Ce n’est pas pour aller à ces élections que nos populations se mobilisent. Si la CEDEAO pense qu’elle peut régler la crise togolaise par des élections législatives, il faut qu’elle prenne toutes les dispositions pour que ces élections soient les plus acceptables possibles, libres, transparentes, équitables et démocratiques », a lancé M. Fabre.

S’adressant aux manifestants, le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a fait savoir que pour atteindre l’objectif poursuivi, il faut que les manifestations à venir comptent plus de monde. « Cela manifestera notre détermination, nous n’avons pas autre chose », a-t-il ajouté.

« « Ils nous cherchent, ils vont nous trouver », tels ont été les premiers mots de la coordinatrice de la coalition des 14, Brigitte Adjamagbo Johnson. Elle a narré aux manifestants dans les moindres détails, les discussions de Conakry qui ont eu lieu du 3 au 6 novembre derniers.

L’exposé a pris en compte 4 points essentiels, à savoir la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) le découpage électoral, le recensement électoral, les mesures d’apaisement et la situation des populations de Sokodé.

« Quand nous avons fini de présenter la situation, le président Alpha Condé a pris la parole pour dire qu’aucun compte n’a jamais été fait à la facilitation depuis le 23 septembre dernier. C’est là que le général Francis Behanzin est venu à la charge pour mentir dans le compte de la coalition des 14. Il est allé jusqu’à dire que le recensement électoral s’est bien déroulé. A la fin, Tibou Camara, le ministre d’Etat guinéen a intervenu pour dénier tout ce que le général béninois a narré. Il a dit à son président que les choses se sont passées telles que les représentants de la coalition des 14 ont narré », a annoncé Mme Adjamagbo Johnson.

Et d’ajouter que le président Condé leur a promis que la présidence de la CENI sera occupée par un étranger en lieu et place d’un Togolais.

A cette première manifestation de la coalition des 14 depuis plusieurs mois, on note la force présence des membres de la société civile togolaise, notamment du Front citoyen ‘Togo debout’.  

Le premier porte-parole de ce mouvement citoyen, Pr David Dosseh a adressé son message à la CEDEAO. Pour lui, une chose est claire, 2018 ne sera pas comme 2005.

« En 2005, on nous a conduits comme des moutons à l’abattoir. En 2018, nous n’accompagnerons pas la CEDEAO et le pouvoir dans ce processus frauduleux », a-t-il martelé.

Il a également souligné que depuis que la société civile togolaise demande la libération des personnes ‘injustement détenues’, la CEDEAO est incapable d’obtenir leur libération. « Nous exigeons cette libération et les réformes constitutionnelles et institutionnelles pouvant amener à des élections claires », a-t-il lancé.

Cette manifestation a lieu au second jour des 3 accordés par la CENI présidée par Kodjona Kadanga, pour les Togolais qui ne se sont pas encore fait enrôler. A la coalition, on persiste et signe que le problème du recensement est non négociable. « Il est à reprendre intégralement », a prévenu Jean-Pierre Fabre.

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