08 Aug 2018

Adjamagbo estime que la CEDEAO offre un ‘chèque en blanc’ à Gnassingbé

Le député Djimon Oré n’est décidemment pas le seul acteur politique à croire que la feuille de route proposée par la CEDEAO pour sortir le Togo de la crise, est un leurre. Dans un mémorandum adressé il y a quelques jours à l’organisation communautaire, le Mouvement du peuple pour la liberté (MPL-Ablodeviwo) dit plus grave encore.

Selon le président national du MPL, Professeur Pascal Kossivi Adjamagbo, la feuille de route est ‘injuste’ et ‘dangereuse’ pour le peuple togolais et passe pour être un ‘chèque en blanc’ offert au régime de Faure Gnassingbé pour continuer à organiser des élections ‘frauduleuses’.

« Malgré le respect dû à leurs fonctions, qu’il nous soit donc permis de dire aux chefs d’Etat de la CEDEAO que leur injustice et leur naïveté sont aussi dangereuses et irresponsables que celles des homologues européens de Hitler pendant la célèbre conférence de Munich, où le laxisme et la lâcheté de ses homologues ont signé et offert au chancelier allemand un chèque en blanc pour renforcer sa dictature sur le peuple allemand », écrit-il à la CEDEAO.

Plusieurs raisons sont avancées par ce parti politique pour étayer cette position. La première, écrit M. Adjamagbo, c’est que le régime de Faure Gnassingbé, en refusant de ‘manière obstinée et ostentatoire’ de satisfaire les recommandations réitérées à plusieurs reprises par la CEDEAO concernant la libération de tous les prisonniers dans le cadre des manifestations de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, a prouvé de manière indiscutable sa mauvaise foi dans le dialogue.

« Le fait que le texte des recommandations n’ait ni mentionné, ni dénoncé, ni condamné cette mauvaise foi manifeste, jette un doute sérieux sur la justice et l’impartialité de la CEDEAO dans le dialogue qu’elle a instauré et dans les décisions en question », souligne le président du MPL.

Autre argument avancé par ledit parti pour dénoncer l’injustice et la dangerosité des recommandations, c’est que la CEDEAO ‘pousse’ le régime au pouvoir à organiser des élections législatives le 20 décembre 2018 sans tenir compte de la demande insistante faite par la coalition des 14 à confier l’organisation de ces élections ainsi que de la prochaine élection présidentielle à un gouvernement de transition dirigé par un Premier ministre issu de ses rang.

« C’est une preuve supplémentaire du parti pris corporatiste du syndicat des Chefs d’Etat de la CEDEAO en faveur de leur homologue togolais », souligne-t-il.  

Sur la recommandation de la CEDEAO concernant la mise en place d’un comité de suivi, le MPL estime que ce comité n’étant pas doté d’un ‘pouvoir contraignant’ sur le gouvernement togolais, le peuple souverain togolais estime que les chefs d’Etat de la CEDEAO ont fait preuve soit d’une naïveté aux conséquences graves, soit cherchent sciemment à vendre au peuple togolais des illusions aux conséquences tout aussi graves.

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