01 Mar 2018

La coalition des 14 revient sur les idées qu’elle a accouchées au dialogue

La coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise a donné ce jeudi une conférence de presse pour faire un compte rendu des premiers travaux du dialogue politique à l’opinion. A cette énième rencontre avec la presse, il n’y a pas eu de représentant du Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam.

Selon la coordinatrice de la coalition des 14, Brigitte Adjamagbo Johnson, cette absence du représentant du PNP n’a rien à voir avec l’information qui circule, comme quoi le PNP veut quitter la coalition des 14. Cette absence est plutôt due à un quiproquo sur le report de ladite conférence de presse.

« Quand nous avions appelé les responsables du PNP pour savoir pourquoi ils n’étaient pas là, nous nous sommes rendus compte qu’hier il y a eu une hésitation sur la question de savoir si on maintient la conférence de presse aujourd’hui, quand on appris que la société civile aussi avait une rencontre avec la presse à la même heure », a-t-elle expliqué.

Elle a également ajouté que ce n’est pas seulement le PNP qui est absent mais d’autres partis de la coalition dont les responsables sont en mission.

Les responsables de la coalition présents sont largement revenus sur la question du retour à la version originelle de la Constitution de 1992, puisque des informations font état de ce que le facilitateur leur avait posé la question de savoir comment on peut procéder au rétablissement de cette constitution mais qu'ils n’ont pas pu répondre à cette question.

Pour Jean-Pierre Fabre, le chef de file de l’opposition, c’est manquer de respect aux responsables de la coalition que de colporter ces informations alors que plusieurs représentants de la coalition ont eu à répondre à cette question au cours des discussions, lors du dialogue.

Néanmoins, il a tenu à faire savoir que le 30 juin 2014, le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale  a ramené certaines dispositions de la Constitution de 1992, notamment le mode de scrutin à 2 tours et la limitation du nombre de mandats présidentiels. « Il aurait suffi qu’on ramène d’autres dispositions modifiées pour qu’on retrouve la constitution de 1992, à savoir les 47 articles que l’opposition parlementaire a soumis à amendement mais qui ont été rejetés », a-t-il relevé.

A en croire l’agrégé des sciences juridiques, Pr Komi Wolou, les débats menés autour du retour à la constitution querellée relèvent en réalité de simples manœuvres qui sont de nature à mettre l’opinion en erreur.

Il n’a pas manqué d’énumérer quelques mécanismes qui pourraient permettre un retour à cette constitution. « Lorsqu’on supprime des articles d’un texte, on pourrait encore procéder aux mêmes amendements dans l’autre sens pour pouvoir supprimer et réintroduire ce qui avait été modifié. On n’a pas besoin d’être un juriste pour le savoir », a-t-il mentionné.

Le 2ème mécanisme, a-t-il poursuivi, c’est la prise d’un simple acte pour décider que toutes les modifications intervenues dans la constitution de 1992 sont supprimées. « Le problème ne se pose pas par rapport aux mécanismes, c’est simplement une question d’accord entre les parties », a conclu le premier responsable du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR).

Jean Kissi, le secrétaire général du Comité d’action pour le renouveau (CAR) a préféré de son côté, raconter les choses telles qu’elles se sont passées au cours des discussions, le 19 février dernier.

« C’est lorsque les représentants du parti au pouvoir ont vu que la question sur le mécanisme du retour à la cette constitution a été bottée en touche qu’ils ont changé de fusil d’épaule en disant que ce qu’ils veulent d’abord savoir, c’est l’implication du rétablissement de cette fondamentale. Ils ont demandé alors à savoir ce que nous cachons derrière le retour à ce texte. Ils ont voulu savoir si le président actuel sera candidat en 2020 », a-t-il narré.

Pour l’heure, la coalition des 14 se dit dans l’attente de la mise en œuvre de toutes les autres mesures d’apaisement car, ont-ils souligné, les autres points de l’ordre du jour du dialogue ne pourraient être facilités que par l’accomplissement de ces mesures.

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