16 Nov 2019

Togo-SOS : qui pour sauver le CEG Nyékonakpoè ?

‘Chaque jour, quand on vient en cours, on a du mal à avoir accès à notre établissement, tellement les voies alentours sont boueuses. Quand on entre dans la cour du collège, il faut être un bon acrobate pour ne pas chuter dans la boue et dans l’herbe. Il n’y a pratiquement de cour ni d’endroit où rester à part dans les classes. ’. ‘Les moustiques, les vomissements de camarades et la puanteur sont notre quotidien. Nous ne savons pas ce que nous venons apprendre à l’école’.

Ces propos sont ceux des élèves du CEG Nyékonakpoè en plein cœur de Lomé. Il y a quelques jours, en plein cours dans sa classe, un enseignant a failli se faire mordre par un serpent sorti des buissons qui ont transformé la cour de ce collège en leur domaine privilégié. A cela, il faut ajouter une eau marécageuse qui s’est étalée sur toute la cour et dans laquelle baignent les buissons. Comme si cela ne suffisait pas, des riverains ont transformé la cour en dépotoir où ils viennent nuitamment déposer les ordures. Aussi, d’autres encore viennent-ils y déféquer.

Cet établissement scolaire où viennent s’éduquer des centaines d’élèves garçons et filles, est plutôt un bon endroit où le choléra et le paludisme peuvent faire à tout moment ravage. Cet établissement scolaire de la commune Golfe 4, s’il en est encore un lieu d’éducation, a reçu samedi la visite des responsables du Global Alumni Association of Togo (GAAT). Ces anciens boursiers des programmes d’échanges et d’études initiés par les Etats-Unis, y ont lancé la construction d’un hangar pour les revendeuses, histoire d’offrir un cadre plus ou moins propre où les revendeuses peuvent servir à manger aux élèves lors des moments de récréation.

« L’idée est venue d’un membre du GAAT qui lors d’une visite, a constaté le problème. Par rapport aux autres endroits identifiés, Nyékonakpoè est un cas d’urgence et il fallait venir le plus rapidement possible. Ailleurs, ce n’est pas mieux mais ici, le cas est urgent. Les enfants vomissent à longueur de journée et l’ ne donne pas envie de venir à l’école », a déclaré Mimi Bossou Soedjede.

Pour cette conseillère du GAAT et en même temps conseillère municipale,  cette action communautaire du GAAT démontre encore une fois que le développement du pays vient aussi des citoyens par leur engagement civique. Cependant, a-t-elle relativisé, cette action est une goutte d’eau dans cette mer du CEG Nyékonakpoè.

Elle a donc lancé un appel urgent aux autorités, notamment au maire du Golfe 4, au ministre en charge de l’éducation et même à l’autorité suprême, le chef de l’Etat pour, dira-t-elle, qu’un regard particulier soit porté sur ce CEG.

En attendant que le hangar en construction ne soit réceptionné samedi prochain, le GAAT espère que son action, aussi petite soit-elle, pourra créer de l’émulation auprès des riverains de ce cadre d’éducation et des autorités locales et nationales.

« Il faut une action de sensibilisation dans toute la zone pour que tout le monde comprenne qu’ici est un lieu d’étude et que les élèves ont besoin de la quiétude pour pouvoir et travailler et être la relève de demain. Pour sa part, le GAAT est en train de mener des actions pour que cette action ne soit pas isolée mais que d’autres actions suivent », a fait savoir Hermann Kossi Toto, président du GAAT.

Pour rappel, cette action communautaire du GAAT s’inscrit dans le cadre du ‘mois des Alumni’ qui a démarré le 3à septembre pour prendre fin ce 16 novembre.

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