04 Feb 2019

Togo : insatisfaits du ‘mandat social’, des étudiants attirent l’attention de Faure Gnassingbé

Le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé a placé en 2015 son 3ème mandat à la tête du Togo sous le sceau du social. A moins d’un an et demi de la fin de ce mandat, si pour certains, c’est un mandat réussi, des étudiants de l'Université de Lomé pensent le contraire. Pour eux, la vie de l’étudiant n’a pas été au centre du mandat social promis et la crise que traverse le système éducatif togolais a atteint un seuil ‘très exagéré’ et devient une ‘pathologie’.

C’est ce qu’ils disent dans un courrier de présentation de vœux adressé le 27 janvier dernier au Président de la République. Ce courrier vient de la Synergie des élèves et étudiants du Togo (SEET). Pour cette association estudiantine née de la scission de la Ligue togolaise des droits des étudiants (LTDE) de Foly Satchivi, la misère et l’extrême pauvreté ont impacté le visage et le quotidien des étudiants. Pour vivre, souligne-t-elle, ceux-ci recourent à de petites activités, reléguant au second plan les études. Des étudiantes et élèves ne trouvent pas mieux que la prostitution.

Dans cette situation, ce qui fait le plus mal, écrit l’association, c’est que lorsque les étudiants expriment leurs besoins, on leur reproche d’être manipulés par des politiques, en l’occurrence l’opposition. Et pourtant, souligne cette association auteure du courrier, les conditions de vie et d’études restent très difficiles aux enfants des familles pauvres qui représentent la grande proportion des étudiants des universités et écoles publiques du Togo.

« Ces situations poussent le Togo sous votre gouvernance à afficher une image de dernière position parmi les universités de l'Afrique de l'Ouest, lors de la rencontre de Ouagadougou en septembre 2018 », dit la SEET au chef de l’Etat.

L’organisation demande alors un changement de paradigme de la gestion des affaires estudiantines pour, dit-elle, assurer un bon avenir à la jeunesse togolaise.

« Cette responsabilité vous revient comme devoir. Nous vous prions également de discipliner vos collaborateurs responsables des universités qui font recours aux méthodes d’une autre époque pour réprimer les syndicats estudiantins légalement constitués », écrit Basile Amenuveve, le secrétaire général de cette association estudiantine.

Pour convaincre le chef de l’Etat de ce qu’ils disent, ces étudiants comparent la situation estudiantine au Togo à celle qui a court au Burkina Faso et au Niger. 2 pays de la sous-région ouest africaine comme le Togo, qui, selon eux, n’ont pas les mêmes richesses, notamment le phosphate, le fer, le calcaire, l'or, le pétrole le port en eau profonde, les forêts, le café -cacao, coton.

« Au Burkina Faso, les aides vont de 36.000F à 72.000F par mois aux étudiants. Les frais de restaurant sont à 100F avec des plats convenables. Les cités qui sont à l'image de la cité B de l'Université de Lomé, sont à 1000F le mois soit 3000F par trimestre. Au Niger, les aides vont de 105.000F à 171.000F par trimestre, la restauration estudiantine est à 125F, les frais de cité sont 3.500F par trimestre et le transport à 50F la course », note la SEET.

Pour ce qui est des universités publiques du Togo, relèvent-ils, les frais d'inscriptions  vont  de 24.000F à. 500.000F. Par contre, les aides vont de 12.000F à. 18.000F le  mois, les  cités à  12500F et le restaurant  à 500F.

A tout cela, notent ces étudiants, s’ajoute selon ces étudiants, un système Licence-Master-Doctorat appliqué ‘banalement’.

Néanmoins, ils disent féliciter le chef de l’Etat pour la rénovation de ‘quelques amphithéâtres’, la construction de ‘quelques Agoras’ et le goudronnage de quelques centaines de mètres d'artères de l'Université de Lomé, la finalisation de la nouvelle présidence de l’Université de Lomé et la mise en œuvre du projet School Assur.

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