09 Feb 2018

Me Kpandé-Adzaré : « Pr Kokoroko, ne tombez pas dans l’erreur ‘silence, on développe’ »

La situation estudiantine togolaise inquiète plus d’un. Interrogé ce vendredi sur la radio Victoire FM, l’ancien président de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), Me Raphaël Kpandé-Adzaré a estimé que ce serait malhonnête de dire que le président de l’Université de Lomé, Pr Dodzi Komlan Kokoroko, n’a rien fait.

Sous lui, il y a des changements, des amphithéâtres qui se construisent, la clôture de l’aire universitaire, l’électrification, la rénovation des rues, du restaurant et des cités universitaires  et le wifi, a-t-il énuméré. Cependant, il n’a pas tardé à dénoncer la manière dont les forces de l’ordre et de sécurité entrent sur le campus et prennent à parti les étudiants.

« Une vidéo a circulé où 5 agents prenaient à partie un étudiant, cela a choqué. On assiste sur le campus à des courses-poursuite entre forces de sécurité et étudiants à l’allure d’un chasseur qui poursuit un gibier. Des étudiants, mêmes des filles ont escaladé le géant mur », a-t-il regretté.

Pour lui, Pr Kokoroko qui fut un étudiant de l’université de Lomé, fait beaucoup. Mais il ne doit pas perdre de vue le fait que le campus, en général, est un lieu de revendication,  un terrain où les blagues sont intelligentes.

L’actuel porte-parole du front citoyen « Togo debout » dit avoir déjà rencontré le président de l’université quand il était encore président de la LTDH, rencontre au cours de laquelle il dit ceci lui avoir prodigué des conseils de ne tomber pas dans l’erreur ‘silence, on développe’.

« S’il fait cette erreur, il a  tout perdu. Ce serait commettre l’erreur la plus grave que tous les présidents africains ont commise à l’époque pour dire que tout le monde doit regarder dans la même direction », a-t-il lancé.

Revenant sur la libération des dix (10) étudiants arrêtés mardi dernier, l’avocat de profession a  pointé du doigt le placement sous contrôle judiciaire de cinq de ces étudiants, dont Foly Satchivi, le président de la Ligue togolaise des droits des étudiants (LTDE).

Selon lui, c’est la manière que la justice togolaise a trouvée pour contribuer à l’avènement de l’Etat de droit au Togo. « Lorsqu’on veut vous faire taire, on utilise la justice et certains magistrats sont encore là pour servir ces basses besognes », a-t-il précisé.

La justice togolaise, a-t-il poursuivi, est une justice qui fait la politique du ‘deux poids deux mesures’. Pour  s’ne convaincre, il a cité le cas des « miliciens », des gens cagoulés armés de machettes, de gourdins cloutés qui sont sortis  en septembre dernier dans le quartier Adéwui à Lomé et ont agi au vu et au su des forces de l’ordre et de sécurité. « Cette justice n’a rien fait, aucune enquête jusqu’à présent », a-t-il dénoncé.

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