04 Jan 2020

Yawovi Okpodjou : ‘nous faisons des machines pour nourrir les hommes’

L’agriculture togolaise a le vent en poupe. Mais, sur le plan de la mécanisation, elle reste encore limitée. Pour accompagner les agriculteurs et les petits producteurs, une société portée par des Togolais et spécialisée dans la mécanisation fait parler d’elle. Global Actu a rencontré il y a quelques jours le porteur de cette société à Kpélé, dans le cadre de la formation de 1300 jeunes entrepreneurs agricoles sous la coupole de l’opération Téléfood 2019. Il s’agit Yawovi Okpodjou, directeur de Forge sans frontières, une société qui a bénéficié de l'appui du Programme de productivité agricole en Afrique de l'ouest (PPAAO).

Voici en intégralité son interview…

Bonjour monsieur. Présentez-vous à nos lecteurs, s’il vous plaît

C’est Forge sans frontières. Nous sommes basés à Agoè-Assiyéyé. Nous sommes dans la construction mécanique et métallique, nous faisons des machines pour nourrir les hommes. Nous sommes dans plusieurs filières, notamment maïs, riz, soja, manioc, huile de palme…. Nous faisons tout ce qu’il faut pour aider les paysans en amont et faciliter la tâche aux femmes. Nous apportons notre contribution à l’épanouissement du monde rural.

Que fait au juste votre société ?

Travailler la terre n’est plus pénible parce que nous sommes aux côtés des agriculteurs, surtout avec ce que nous avons comme équipement pour pouvoir les soutenir. Nous parlons de la mécanisation. Avant, tout se fait à la main. Avec les machines, aujourd’hui, on a cette facilité de faire plus que ce que nous avons l’habitude de faire. Nous fabriquons beaucoup de machines pour le monde agricole togolais. Il y a entre autres le torréfacteur de soja, le concasseur, le séparateur, la presse de l’huile palmiste, le broyeur mélangeur, le malaxeur extracteur, le torréfacteur de karité, le concasseur-broyeur karité, les presses ananas, le séchoir solaire, le pasteurisateur, le grillage et la batteuse de soja.

Nous intervenons aussi dans le domaine de l’élevage avec la fabrication de grillages et des fils barbelés.

Au-delà de toutes ces machines, vous proposez aussi une machine hors-norme…pour semer le maïs ou le riz

Oui, effectivement. De par le passé, pour semer, c’est soit avec la main ou les pieds. Aujourd’hui, nous avons transformé la chose en jeu. C’est grâce au semoir multi becs. Il suffit seulement de rouler la machine. En 4 heures e temps, l’hectare est semé. C’est un semoir multifonctionnel pourvu de réglage à 20 cm et 40 cm. On règle selon ce qu’on veut et on sème le maïs ou le riz. C’est un semoir très pratique que nous préparons pour la campagne prochaine.

Il a déjà été utilisé dans les champs ?

La saison dernière, les gens l’ont beaucoup essayé et l’ont trouvé très intéressant. Nous allons vers sa multiplication. Aussi, avec les quelques unités que nous avons sur place, aujourd’hui, pouvons-nous former des jeunes, les suivre et les aider à pouvoir s’installer. Nous avons toute une dizaine de personnes que nous formons dans notre institution.

Ce semoir est-il à la portée de tous les agriculteurs ?

Nous faisons des choses moins chères à la portée des Togolais mais s’il faut le comparer des fois, compte tenu des matériaux que nous avons sur place qui ne sont pas subventionnés, ce qui fait que la fabrication nous coûte un peu. Nous avons l’habitude de parler du moins-disant. Et quand on fait allusion à cela, il y a la qualité qui est inférieure. Nous devions donc laisser le coût et voir la qualité.

Quels sont les problèmes que vous rencontrez dans la fabrication de ce semoir multi fonctionnel ?

La production doit être à la chaîne. Mais compte tenu des moyens qu’il faut, nous n’arrivons pas à produire en quantité comme il faut. Mais nous fonctionnons par rapport aux commandes que nous recevons. Il y a donc un problème de financement qui n’est pas à négligé. La matière première également, surtout il y a certains de nos matériaux que nous allons chercher au Nigeria ou au Ghana alors que les quincailleries que nous avons sur place ne nous donnent pas les matériaux dont nous avons besoin pour la fabrication de ce semoir.

Autant dire que si aujourd’hui vous arrivez à produire à la chaîne, il n’y aurait plus de grands problèmes en matière agricole ?

Que cela soit en amont ou en aval, le Togolais ne souffrirait plus. S’il faut parler par exemple de la filière huile de palme, c’est de l’or. Depuis le régime jusqu’à l’huile rouge, avoir les fibres, comment transformer l’huile en savonnerie, nous avons toutes les filières pour accompagner la jeunesse.

Si vous avez un message à adresser aux autorités, que diriez-vous ?

Nous voulons que les petits entrepreneurs soient soutenus et que tout ce que nous nous procurons comme équipement, soient des équipements locaux. Il faut aussi faire voyager les jeunes entrepreneurs afin qu’ils puissent limer leur cervelle contre celle d’autrui,. Et au finish, si nous avons les moyens financiers, cela pourrait beaucoup aider pour que chacun puisse travailler et que nous puissions manger à notre faim.

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