24 Jun 2019

Le Togo veut quitter la malédiction des matières premières

Au premier forum économique Togo-Union européenne (FETUE) qui s’est déroulé les 13 et 14 juin derniers à Lomé, un panel a particulièrement retenu l’attention. Il s’agit de celui sur l’accélération de la croissance au Togo grâce à l’agriculture et l’agrobusiness, des opportunités d’investissements. Au cours de ce panel, les investisseurs ont été entretenus sur ce que cherche exactement le Togo à travers le 2ème axe du Plan national de développement (PND) dont la mise en œuvre est prévue sur la période 2018-2022.

Ce panel a été précédé d’un propos liminaire délivré par la conseillère spéciale du chef de l’Etat togolais, Reckya Madougou. Pendant une vingtaine de minutes, elle a présenté à l’assistance les grands enjeux de l’agriculture togolaise. Le Togo, selon elle, veut quitter la malédiction des matières premières et arriver à la transformation des produits.

Comme tout pays africain, a-t-elle lancé, le Togo bénéficie d’un dividende démographique, une main-d’œuvre disponible et qualifiée contrairement à ce qu’on dit, ‘surtout très ambitieuse et très volontariste’, 63% de terres arables et 55% de terres disponibles.

« Si nous voulons que ce dividende démographique nous soit profitable et non ne soit un défi qui s’impose à nous, nous devons quitter la malédiction des matières premières et aller vers une transformation créatrice de valeurs, d’emplois pour la jeunesse et qui hisse le Togo parmi les pays de référence de la sous-région

Ce tableau ainsi présenté, signifie, selon elle, que le Togo a de la disponibilité et de la force à revendre. Cependant, il manque des choses, et c’est en cela que le chef de l’Etat, a-t-elle insisté, appelle à un changement de paradigme.

« Le PIB est constitué à pratiquement 40% par l’agriculture, 60% de la population active travaille s’investissent dans l’agriculture. Et pourtant, l’écrasante majorité de ceux qui vivent de l’agriculture n’a un revenu que de 15.000 francs par mois. Quand on est face à ce paradigme, on se dit qu’il y a quelque chose à faire là. Il faut organiser les chaînes de valeur défectueuses mais le vrai nœud, c’est le financement de l’agriculture : 0,3% des financements sont dédiés à l’agriculture. Si on veut améliorer le revenu des agriculteurs, le taux de croissance, on est tenu de regarder cette force vive et la disponibilité de ressources  et les mécanismes qu’on injecte pour améliorer l’efficacité de ce secteur », a-t-elle annoncé.

C’est ce qui, a-t-elle poursuivi, justifie le 2ème axe du PND. « Grâce à ce 2ème axe et de la transformation agricole et d’industrie minière qu’il induira, nous allons pouvoir très rapidement atteindre les objectifs de développement du Togo pour peu que les acteurs soient mis ensemble et perçoivent autrement l’agriculture. En 2022, nous voulons atteindre un taux de croissance de 6,7% mais pour le PNB agricole, le Togo veut passer à 10%, un taux qui est à 5,6% en 2018 », a-t-elle ajouté.

Les projets phares de l’axe 2 du PND sont une dizaine d’agropoles, 5 projets de parcs industriels qui seront basés sur les chaînes de valeur productives et qui vont fonctionner suivant le partenariat public-privé (PPP), le Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA) entre autres.

Le ministre de l’agriculture, Koutéra Bataka est aussi largement revenu sur les chiffres au début de son propos lors dudit panel.

Et quand on parle de transformation du secteur de l’agriculture, on parle de 2 choses, selon lui. « Il s’agit premièrement de la transformation de toute la structure de l’agriculture et que l’agriculture soit juste vue comme là où on va lorsqu’on a rien à faire mais qu’elle soit perçue comme une opportunité d’investissement pour tous les acteurs notamment les jeunes, les femmes, les investisseurs et les opérateurs économiques », a-t-il relevé.

Au 2ème niveau, il est important d’ajouter de la valeur à travers la maîtrise de l’eau, l’amélioration de la productivité, les offres de services, la mécanisation agricole, la transformation et la valorisation et le développement d’une infrastructure de qualité.

Mamadou Kane, expert en développement de zones de transformation agro-industrielle au département filière agricole et développement rural de la Banque africaine de développement (BAD) a centré son intervention sur l’importance des investissements privés.

« Nous avons la conviction que sans les investissements privés, on n’arrivera pas à atteindre les objectifs. Les investissements publics, dans tous les pays, ont été importants depuis les indépendances, ils sont largement insuffisants, parfois même non adaptés aux besoins. C’est en cela qu’il est important, selon nous, de créer les conditions à attirer l’investissement privé dans l’agro-industrie », a-t-il lancé.

La BAD finance un agropole au Togo, celui de Kara (450 km au nord de Lomé). Selon le représentant de l’institution bancaire africaine, le choix de financer cet agropole se justifie. « Nous avons trouvé sur place une volonté politique clairement exprimée et un appui qui nous a permis d’aller très vite pour ce projet ».

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