13 Sep 2018

Togo : la LTDH pointe du doigt une justice à 2 vitesses

La ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) n’est pas du tout contente du gouvernement togolais dans l’affaire des révélations de l’usage de produits périmés aux patients au service de traumatologie du CHU Sylvanus Olympio à Lomé. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Justice, Pius Kokouvi Agbetomey, la ligue dit ne pas comprendre pourquoi la justice togolaise ne se saisit pas de cette affaire qui concerne la santé des Togolais.

Tout en relevant que ces révélations font penser que l’Etat a failli à son devoir en matière de protection sanitaire des citoyens, le président de la LTDH, Me Célestin Agbogan exige l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur cette affaire et arrêter le 'réseau' de brebis galeuses et de malfaiteurs. 

Seule celle-ci, souligne la lettre ouverte, permettra de « situer l’opinion sur la véracité de ces manquements graves aux règles et à la déontologie médicale, mais aussi de situer les responsabilités qui sont en jeu dans cette affaire, et d’en interpeller les auteurs ».

A la ligue, on estime que depuis la publication de ces évènements, le gouvernement n’ait mené aucune action ‘concrète’ ou ‘visible’, ni par l’intermédiaire du ministère de la santé ou du ministère de la justice, pour respectivement rassurer la population de l’intérêt qu’il porte à cette situation, ou investiguer sur les faits en cause.

« Si la justice est vraiment rendue au nom du peuple togolais, et si le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, et si les juges ne sont soumis dans l'exercice de leurs fonctions qu'à l'autorité de la loi, et si le pouvoir judiciaire est encore garant des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens, et si la justice togolaise n’est pas de deux poids deux mesures, monsieur le Garde des Sceaux, vous devez réagir », lance Me Agbogan au destinataire de son courrier.

Pour lui, ce ne sont pas les moyens qui font défaut. Pour s’en convaincre, le défenseur des droits de l’homme rappelle au ministre ‘l’intrusion’ du Service de renseignements et d’investigations (SRI), à la Faculté des sciences de santé (FSS) de l’Université de Lomé pour, dit-il,  « interpeller d’honnêtes citoyens, médecins, professeurs d’Universités et étudiants, et les placer en garde-à-vue, sans autre forme de procès ».

Autre détail sur lequel insiste la LTDH, c’est l’interpellation et l’emprisonnement des défenseurs des droits de l’Homme et des membres de la société civile qui ont agi dans le cadre strict de leur mission et des citoyens sortis pour manifester contre le pouvoir.

La LTDH propose au gouvernement de mettre en place dans le système de santé, un mécanisme pouvant permettre d’éviter à l’avenir que de pareils incidents attentatoires à la santé et à la vie des citoyens, ne se reproduisent.

Pour information, après les révélations faites par le journal "L'Alternative", le docteur Guy Alovor, chirurgien orthopédiste traumatologue, exerçant en France, est interdit de toutes activités de soins et pédagogiques au CHU SO par le Directeur des lieux, le médecin colonel Kpao WiyoouAdom. La note de service portant interdiction d'exercice d'activités ne précise cependant pas les raisons pour lesquelles le médecin est sanctionné. 

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