01 Aug 2018

La LTDH dans le collimateur du gouvernement togolais

Va-t-on vers l’arrestation de Me Célestin Agbogan, président de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) et ses collaborateurs ? Le gouvernement, par communiqué en date du 30 juillet dernier, a réagi vigoureusement contre la publication par la ligue d’un rapport sur la situation des droits de l’homme au Togo depuis août 2017.

Komi Sélom Klassou et ses ministres, après avoir exprimé leur désapprobation face à ce qu’ils qualifient de ‘présentation tendancieuse du contexte et du bilan des manifestations depuis le 19 août 2017’, disent réserver le droit d’une suite judiciaire à ce document qui, estiment-ils, contiennent des accusations ‘fallacieuses’ et ‘non-fondées’.

« Il apparaît que ce bilan est partisan et dénué de tout fondement objectif. Le but visé par cette sortie médiatique de la LTDH est de faire porter au gouvernement, la responsabilité des violences et des dérapages ayant entrainé des pertes en vie humaines et des dommages considérables sur les biens publics et privés. Le moment et la date choisis pour la publication d’un tel rapport en disent long sur les réelles intentions de leurs auteurs », indique le communiqué gouvernemental.

Le gouvernement a profité de l’occasion pour appeler les organisations de la société civile à œuvrer en toute impartialité et avec le sens élevé de responsabilité afin de contribuer au renforcement de l’Etat de droit.

Le Secrétariat d’Etat chargé des droits de l’homme pointe du doigt les chiffres qu’avance le rapport de la LTDH. Lorsque le rapport évoque 22 morts, 941 blessés dont 202 par balle, 472 arrestations, 255 personnes libérées  et 53 toujours en détention, les sources officielles font état de 7 morts par balle et de 7 morts pour diverses causes dont 2 militaires égorgés.

« Le gouvernement a toujours démontré  sa bonne foi et sa volonté de transparence en faisant régulièrement le point sur les manifestations organisées par les partis politiques, lesquelles sont encadrées depuis novembre 2017 par un observatoire mis en place par le gouvernement et associant les organisations de défense des droits de l’homme, la Commission nationale des droits de l’homme, les forces de sécurité et les organisateurs des manifestations », souligne d’autre part le communiqué.

Pour rappel, un défenseur des droits de l’homme, Assiba Johnson, président du Réseau des jeunes africains pour la démocratie et le développement (REJAAD) croupit en prison depuis quelques mois pour avoir rendu public un rapport qui fait état de plus de 100 morts lors des soubresauts politiques récents au Togo.

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