Togo : un handicapé mental pris pour Gayman et tabassé à Amandahomé Photo illustrative d'une vindicte populaire
06 Apr 2018

Togo : un handicapé mental pris pour Gayman et tabassé à Amandahomé

L’affaire des ‘Gayman’, ces hommes et femmes cybercriminels et ritualistes venus du Bénin, fait un grand bruit depuis quelques jours au Togo. Cependant, l’affaire prend une allure inquiétante, étant donné que toute personne peut être prise à parti.

Ce mercredi à Amandahomé, un quartier périphérique de Lomé, un handicapé mental a malheureusement été pris pour un de ces hommes et passé à tabac avant d’être sauvé in extremis des mains de ses bourreaux.  

Selon les informations, cet homme du nom d’Ahonga et vivant à Adakpamé, un quartier populaire de Lomé, était allé voir un prêtre qui le considère comme son ami. Le prélat n’étant pas là et espérant son retour, Ahonga, comme à son habitude, commençait par taquiner les femmes et les petits enfants, en disant aux premières, qu’il veut les épouser.

Inquiets de ce comportement bizarre qu’ils n’ont pas tardé à considérer comme celui qu’aurait un Gayman, les passants se sont approchés d’Ahonga pour lui poser des questions. Avant qu’il ne soit sauvé, le handicapé mental avait déjà commencé par recevoir des coups par-ci, par-là.

S’il n’est plus à démontrer que des ‘Gayman’ sont au Togo (une dizaine de ces personnes ont déjà fait l’objet d’interpellation par la police togolaise et extradées vers leur pays d’origine), l’affaire donne lieu à beaucoup d’intoxications sur les réseaux sociaux, selon le Mouvement Martin Luther King (MMLK).

Dans un communiqué rendu public ce vendredi, l’association de défense des droits de l’homme donne l’exemple de Kpalimé (120 km au nord-ouest de Lomé). Sur cette ville du Togo, écrit le mouvement, un audio accompagné d’images montrant des corps macabres et  inanimés, circule, informant de la présence de ‘Gayman’ qui auraient déjà kidnappé et tué une vingtaine d’enfants.

Le MMLK dit ne pas douter un seul instant de la présence de ces ritualistes à Kpalimé (trois enfants auraient disparu à Amoussoukopé mais leur disparition n’est pas encore liée aux rituels des Gayman). Cependant, « il ressort avec certitude de toutes ces sources que les images macabres exhibant les corps des enfants victimes de la secte Gayman à Kpalimé, sont fausses, imaginaires et relèvent d'un montage grotesque et grossier », souligne le MMLK.

Le MMLK appelle toute la population togolaise à une vigilance accrue mais lui recommande de s'abstenir de publier de fausses informations et alertes de nature à susciter la psychose et la panique sur le territoire qui passe par une période sensible et délicate à cause de la crise sociopolitique.

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