16 Sep 2017

Chez les Adjigo, les pratiques longues et néfastes du veuvage laissent la place à un rite symbolique

Chez les Adjigo d’Aného, les rites de veuvage (Aho en Mina), ces cérémonies rituelles faites de mortifications qu’autant les hommes et les femmes s’imposent depuis les temps immémoriaux, lorsque  l’un des conjoints décède, ne constitueront plus un supplice pour la femme.

Le veuvage de la femme est allégé à une seule journée d’internement symbolique et les pratiques dégradantes et inhumaines qu’elles subissaient sont définitivement supprimées. Ces nouvelles dispositions ont été déclarées à la presse ce samedi au palais royal Flamani des Adjigo et alliés à Aného, en présence du chef traditionnel de la ville d’Aného, Nana Anè Ohiniko Quam Dessou XV.

Selon les informations, l’allègement de ces rites a été acté après acceptation des ancêtres consultés pour la circonstance. Pour les remercier d’avoir accepté ces nouvelles dispositions du veuvage, un bélier blanc, un coq et une poule ont été immolés ce samedi au palais royal.

« Je suis ici en ma qualité de garant des us et coutumes et s’il doit y avoir modification, allègement ou altération, ce doit être sous mon autorité. Ma présence équivaut donc à la confirmation des nouvelles dispositions. Nous nous inscrivons dans la modernité », a déclaré le roi des Mina.

Cet allègement est rendu possible grâce à l’ONG Alafia qui depuis octobre 2016, a procédé par des sensibilisations, le plaidoyer, des séances de formation et de déclaration, grâce à son projet intitulé « éradication des pratiques coutumières néfastes de veuvage qui sont des formes de violences faites aux femmes et qui peuvent entrainer la contamination au VIH/Sida dans la préfecture des lacs ».

« Dans toutes les localités du Togo, il y a des pratiques néfastes. Chez les Adjigo par exemple, les gens avaient peur de se marier avec eux parce que leurs cérémonies sont très difficiles. Aujourd’hui est un grand jour parce qu’ils ont demandé aux mânes des ancêtres et ils ont éradiqué les rites dégradants », a indiqué Nyuito Adjoavi Tateh, directrice exécutive de l’ONG.

Selon Komla Abraham Bruce, le responsable des praticiens des us et coutumes chez les Adjigo, dans le temps, la femme dont le mari est décédé souffrait pendant des mois.

« La femme dont le mari est décédé,  s’agenouillait sur des coques de palmistes pendant des jours. Elle était internée dans une case où on met au feu le petit piment. Elle n’avait pas le droit de tousser. Si elle le fait, elle est automatiquement prise pour l’auteur de la mort de son défunt mari. Dans cette case, elle doit aussi respirer l’odeur fétide d’une urine qui a fait une semaine », a-t-il expliqué.

Les hommes ne souffraient pas le même martyr. Leur rite est terminé en une journée. Pis encore, la femme en deuil qui refuse d’observer les rites, rencontrait, selon les informations, un malheur.

Les allègements, a-t-il poursuivi, ont commencé avec Nana Ata Quam, le XIIIème roi des Adjigo qui a ramené les rites de veuvage à une semaine. Son successeur, Nana Anè Ohiniko Quam Dessou XIV est allé dans le même sens et les pratiques dégradantes n’existaient plus dans le veuvage, a relevé M. Bruce.

Il faut rappeler que dans certaines contrées du Togo, les rites n’ont pas encore évolué. Les deux (2) prochaines années, l’ONG Alafia sera dans le Dankpen au nord du Togo pour les mêmes activités.

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