01 Oct 2019

Dah Hermas Gbaguidi: “les jeunes doivent faire preuve de curiosité dans le domaine de l’art”

Les acteurs culturels togolais ne manquent pas d’initiatives pour permettre à la jeunesse de se de se recycler en vue d’un professionnalisme accru. C’est dans cette logique que l’Association Téré culture organise chaque année des ateliers dramatiques à Assahoun (environ 50 km à l’ouest de Lomé), pour un partage d’expériences entre les jeunes et leurs aînés. Hermas Gbaguidi, auteur, metteur en scène, administrateur et pédagogue béninois, était à ce rendez-vous.

L’un des artistes africains qui est arrivé à se frayer un chemin  dans les dédales de l’art, Dah Hermas Gbaguidi se met entièrement à la disposition de la jeunesse pour partager son expérience artistique et transmettre ses connaissances à cette couche juvénile. C’est dans ce contexte que nous l’avons rencontré à Assahoun dans le cadre des ateliers théâtraux qui ont eu lieu du 19 au 30 août 2019, couplés de l’édition 2019 du Festival de théâtre de la fraternité (FESTEF).

L’artiste polyvalent béninois qui a passé plus de 33 ans de son existence dans le domaine artistique, a bien voulu accordé un entretien à Globalactu. Lire  l’intégralité de l’interview

Globalactu: Bonjour monsieur présentez-vous à nos lecteurs.

Hermas Gbaguidi : Je suis Dah Hermas GBAGUIDI, je viens du Bénin, je suis auteur, metteur en scène et pédagogue.

Nous vous avons rencontré sur les chantiers dramatiques d’Assahoun où vous avez donné des formations. Quels sont les modules que vous avez abordés avec les participants ?

J’ai parlé un peu de management et de la gestion de carrière artistique. Donc, c’est les deux thématiques que j’ai abordées, c’est-à-dire, la gestion et l’organisation du groupe et la gestion de carrière. Juste pour donner des astuces à la jeunesse pour une gestion rationnelle de leur carrière artistique. Ce module leur donne les capacités de se fixer des objectifs à atteindre et de ne pas éparpiller leur énergie qu’ils doivent canaliser.

Ces jeunes que vous avez entretenus,  ils sont venus du Togo et du Bénin. Pensez-vous qu’ils peuvent constituer la relève dans le monde artistique ?

Oui, j’ai la certitude qu’ils peuvent tenir le coup. Ces jeunes sont pétris de talents, et c’est avec le talent plus la détermination et le courage qu’on arrive à aller loin et à se développer. Ce qui leur manque, c’est ce qu’ils sont venus chercher à ces ateliers. Je pense qu’ils partiront d’ici étant rôdés et prêts à affronter le monde et donner le meilleur d’eux-mêmes.

Quels conseils pouvez-vous leur donner ?

Mon conseil à eux, c’est d’être curieux, parce que tout part de la curiosité. C’est la curiosité d’abord, et la volonté de vivre du métier c’est tout. S’ils acceptent de vivre de ce métier, c‘est bon. Ils vont se battre pour atteindre leurs objectifs parce qu’aujourd’hui, l’art ne doit plus être une simple passion, l’art doit constituer une véritable profession, c’est-à-dire un métier qu’on exerce pour vivre aisément et confortablement. Pour ce faire, tout jeune qui se lance là-dedans, doit impérativement chercher à transformer sa passion pour l’art en une profession qui doit lui permettre de vivre.

Parlons un peu du FESTEF. Il y a eu un relâchement doublé d’une perte d’engouement dans la gestion de ce festival qui a révélé des talents théâtraux au monde entier. Est-ce que vous avez constaté la même chose ?

(Sourire) Bon, les problèmes du FESTEF sont nombreux. Il y a le désintérêt du public et il y a aussi la programmation qui pèche de temps en temps. La présentation, la communication autour de ces spectacles, ça a péché. Maintenant, l’effort à faire c’est d’informer, de sensibiliser les gens, de remobiliser les gens autour du FESTEF.

Vous vous faites appeler Dah ! J’ai eu du mal à comprendre…

(Rire) Non, mais Dah, parce que je suis un notable à la cours et ça depuis 10 ans. C’est depuis 2007 que j’ai été intronisé Ministre-conseiller à la Cour Royale. C’est pour cela qu’on m’appelle Dah. En langue togolaise, ça signifie « Togbui » tout simplement.

Et comment arrivez-vous à associer les activités de notable à celles artistiques ?

Je n’ai pas de gêne, je n’ai pas de difficultés donc ça ne m’empêcha pas de mener mes activités. Parce que c’est ça d’abord, le Togbui ce n’est qu’un titre honorifique et on le sent lorsqu’il y a un problème. On ne cesse pas d’être ce qu’on est avant d’accéder au trône.

Propos recueillis par Richard MAO

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