17 Aug 2019

Togo : Dunenyo Za a réussi ce que le 27 avril ne réussit pas encore

Au Togo, s’il n’y a pas un dialogue politique, il est rare de voir les leaders du pouvoir et de l’opposition ensemble. Même la célébration le 27 avril de la fête de l’indépendance n’a pas encore réussi cet exploit. Mais c’est ce qu’on a observé samedi sur le terrain du lycée d’Agoè, à l’occasion de l’apothéose de la 3ème édition de Dunenyo Za, la fête traditionnelle des Agoè-Nyivé, des Bè et des Aflao. Sous le même apatam, pendant des heures, on a pu voir le Premier ministre, Komi Sélom Klassou, la présidente de l’Assemblée nationale, Djigbodi Yawa Tsegan, de nombreux membres du gouvernement, des députés et des leaders de l’opposition comme Jean-Pierre Fabre. Même l’ancien ministre, Pascal Bodjona était là.

Une occasion saisie par les organisateurs de cette fête traditionnelle des ‘propriétaires’ du Grand Lomé pour appeler les uns et les autres à la création des conditions pour une ‘vraie’ paix au Togo. Car, ont-ils dit, si cela ne va pas à Lomé, la capitale togolaise, cela n’ira nulle part ailleurs dans le pays.

« Notre souhait est que nous pussions ensemble, avec tous, gouvernement, partis politiques, société civile et tous les Togolais, semer à partir de ce rassemblement des graines de tolérance, du pardon afin de cueillir dans les jours à venir les fruits de la vraie paix qui conditionne le développement de notre pays. Nos communautés aspirent à la paix et à la tranquillité. Lomé étant la vitrine du Togo, lorsque la paix y est menacée, c’est donc tout le Togo qui connaîtra des lendemains hypothétiques et incertains. C’est la préoccupation que nous remettons entre les mains du Premier ministre, pour qu’il puisse le traduire en réalité auprès de monsieur le Président de la République. Lomé dans la paix, c’est tout le Togo dans la paix. Nos divinités sont là et en leur confiant notre pays, nous connaîtrons des lendemains meilleurs », a lancé Emile Elom Dadzie, président du Conseil fédéral de Dunenyo Za.

Selon Prof. Koffi Akpagana, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, natif de Bè, le gouvernement togolais accorde à la culture et à la tradition une attention particulière. Et Dunenyo Za, a-t-il ajouté, est une bonne initiative qui s’inscrit harmonieusement dans la vision du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, de faire du Togo une nation émergente à l’horizon 2030.

« La pertinence de la fête Dunenyo Za n’est plus à démontrer. Au-delà de sa dimension festive et circonstancielle, elle nous permet de revisiter notre passé toujours présent, d’instaurer ensemble notre patrimoine culturel si riche, si fécond et si vivant », a marqué le ministre.

A l’assemblée sortie massivement, le roi Agokoli IV, président des chefs traditionnels du Togo, a abordé la nécessité qu’il y a pour les communautés Agoè-Nyivé, Bè et Aflao de l’intérieur du pays et de la diaspora, d’apprendre les langues locales à leurs enfants, pour que les 3 communautés ne soient pas frappées de disparition.

Pour rappel, la 3ème édition de Dunenyo Za a eu pour thème : ‘les communautés Agoè-Nyivé, Bè et Aflao face aux défis du développement local’.

Read 1911 times
Tagged under
Facebook Google Plus Twitter LinkedIn
Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…